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Certaines n’avaient jamais vu la mer

26 décembre 2012 - Romans
Certaines n’avaient jamais vu la mer

Quand toute la blogosphère parle d’un roman, cela attise la curiosité… Quand en plus un prix littéraire comme le Fémina lui donne l’aval du jury, alors là…on a encore plus envie de le lire. Allant chez Gilda (dont je vous ai parlé ici) pour faire mes emplettes de Noël, je tombe dessus par hasard, à 7,90€ ; je m’en empare sauvagement, c’est 10€ de moins qu’en neuf, et il est comme neuf ! Attirée aussi par le format court, je me lance le sourire aux lèvres dans cette lecture.

Aargh. Passé quelques pages, je comprends très vite où va se situer le problème pour moi : si le thème est passionnant, l’énumération va très vite me lasser. En effet, Julie Otsuka raconte très bien la vie de ces Japonaises parties au début du XXe siècle aux Etats-Unis rejoindre des maris vus uniquement sur des photos, mais elle emploie le mot « certaines » ou « elles » des centaines de fois ! Tout le roman n’est que ça, une énumération d’exemples et de bribes de vies de chacune de ces femmes. Cela m’a titillée, cette éternelle répétition. En revanche, j’ai aimé apprendre un pan de l’histoire mondiale que j’ignorais totalement (en me sentant un peu bête de l’ignorer, d’ailleurs). Ce roman nous apprend comment les japonais ont servi de main d’oeuvre très bon marché aux américains. Pour la récolte des fruits et légumes surtout, mais aussi en tant que bonnes, jardiniers, garde d’enfants, dans les blanchisseries, etc. Mais surtout ce qui m’a le plus surprise et choquée, c’est d’ignorer jusque là la politique quasi concentrationnaire dont on ils ont fait l’objet lors de la guerre avec le Japon. Appelés à quitter leurs maisons, leurs villes, à laisser leurs commerces ou leurs champs à l’abandon, ils ont ensuite été parqués dans des camps d’internement, sur le sol américain. Sans ce roman je ne l’aurai peut-être jamais su…

Donc pour l’intérêt de l’histoire elle-même, j’approuve totalement. Entrevoir la vie de ces femmes m’a vraiment interpellée. Mais pour le style et l’écriture, je suis un peu moins convaincue. Un avis mitigé donc, pour cette première lecture de la rentrée littéraire 2012.

 

Certaines n’avaient jamais vu la mer, de Julie Otsuka. Éditions Phébus. 139 pages. 2012.

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2 réflexions sur “ Certaines n’avaient jamais vu la mer ”

Appétit Culturel

Bonjour, Je fais aussi partie du prix des lectrices et j’ai lu également ce roman. J’ai beaucoup aimé au contraire ce procédé narratif de l’énumération, j’ai trouvé que ça donnait plus de puissance au récit, mais je comprends que l’on puisse ne pas accrocher. Ce portrait historique de la condition féminine m’a beaucoup intéressée. Au plaisir de lire d’autres avis pour le prix des lectrices! x

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Manoulivre

Oui, c’est drôle d’ailleurs car il y a des avis très partagés sur ce point (de l’énumération). Certaines (ou certains, il y a aussi des garçons blogueurs!) aiment, d’autres en sont lassés. Le procédé lui-même n’est pas en cause (je viens de finir C’était notre terre, de Matthieu Belezi-j’en parlerais bientôt- et la répétition, présente sur 500 pages, ne m’a pas gênée). Mais je me suis demandée aussi si la traduction n’y étais pas pour quelque chose? Enfin, l’important c’est que malgré ce point négatif j’ai appris des choses! Et tant mieux si les opinions divergent!
A très vite sur le club des lectrices! Ps: (sur ton blog) c’est sympa ton « en mode râleuse ». Moi qui en suis une, ça me plait beaucoup!

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