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Chocolat amer

19 novembre 2014 - Romans
Chocolat amer

Au début du XXème siècle au Mexique, la jeune Tita se bat pour changer le destin que sa mère lui a promis. Non, elle ne restera pas auprès de la matriarche en fille célibataire jusqu’à sa mort et oui, elle vivra coûte que coûte sa passion avec Pedro. Mais quand celui-ci décide d’épouser sa soeur Rosaura, les choses se compliquent sérieusement…

Je ne prendrais pas de pincettes. Lire Chocolat amer, c’est à peu près comme regarder un téléfilm de l’après-midi sur M6 (ou plutôt, une telenovela sur une chaîne câblée). Tous les ingrédients d’un bon mélo sont réunis. Il y a des méchants très méchants (Mama Elena, qui fait flipper tellement elle est vicieuse la gonzesse) et des gentils très gentils (Nacha et Chencha, les deux Dupont et Dupond de la domesticité), un amour impossible (Pedro, le beau Pedro), un gentil monsieur que l’héroïne aimerait bien aimer mais qu’elle n’aime pas (elle préfère le bad boy avec qui c’est méga galère…), le tout saupoudré de chorizo, d’oignon par kilos, de maïs et de haricots.Bref, ça suinte, ça dégouline, c’est écoeurant tant c’est niais et pourtant… il faut avouer qu’on a du mal à le lâcher. Certains passages sont comiques tant ils sont grandiloquents : « Dommage qu’on n’ait pas découvert à l’époque les trous noirs dans l’espace ; elle aurait su, alors, qu’elle avait un trou noir au milieu de la poitrine, par où se glissait un froid infini » ou encore « Tita baissa la tête sous le poids du destin. Une mer de larmes inonda la table. Dès lors, la table et elle surent qu’elles ne pourraient modifier le cours des forces inconnues qui les forçaient, l’une à recevoir les larmes amères de Tita, l’autre à assumer cette absurde fatalité. » Ca, c’est quand l’auteure verse dans le mélodramatique. Mais parfois, elle flirte carrément avec Barbara Cartland ! « Pedro déposa Tita sur le lit et lui ôta un à un ses vêtements. Après s’être caressés, et avoir échangé des regards d’une tendresse infinie, ils s’abandonnèrent à une passion trop longtemps contenue« . Grrrrr…j’en suis toute retournée….

Des recettes de cuisine mexicaine ponctuent les aventures de l’héroïne. Vous saurez ainsi comment préparer les cailles aux pétales de roses, le champandongo ou les torrejas de natas. Cet aspect du roman a, à priori, contribué en grande partie à séduire les lecteurs. Pour ma part, si je trouvais le concept original et intéressant au début, à la fin je lisais en diagonale les recettes. Si je veux lire un livre de cuisine, j’achète Julie Andrieux à Mexico, mais je ne suis pas très convaincue par le mélange des genres ! Pour autant, je dois reconnaitre que cette lecture n’a pas été pénible. Il y a même quelques passages assez sympathiques quand on est aussi mauvaise langue que moi !

En définitive, Chocolat amer porte mal son nom tant il est sucré et mielleux. Tout en étant, contre toute attente, pas si mauvais (si l’on aime les telenovelas et Barbara Cartland). La digestion sera rapide, ne vous en faites pas. Passé quelques jours, il ne vous restera plus grand chose sur l’estomac. Et si l’envie vous prend de le lire, pourquoi pas l’emmener sur une plage en été ?

 

Chocolat amer, de Laura Esquivel. Éditions Folio. 248 pages. 2009.

98627237

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