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Dans la nuit brune

4 avril 2013 - Coup de coeur, Romans
Dans la nuit brune

Lorsque le petit ami de sa fille Marina se tue tragiquement en moto, la vie de Jérôme prend une tournure inattendue.

Le héros est un cinquantenaire qui n’attend plus grand chose de la vie depuis quelques années déjà ; son ex-femme est partie, lui laissant la garde de leur fille. Les maisons se vendent à l’agence immobilière où il travaille, bon an mal an. Il fait avec ses souvenirs d’enfance, compose avec son secret, ment par omission, ne voit pas grand monde. Et puis d’un coup, ce deuil qui rentre comme une bourrasque dans sa maison. Le chagrin inconsolable de sa fille de dix-huit ans. La colère, le désarroi, et puis un abattement qui tombe de tout son poids sur Jérôme, sans qu’il comprenne pourquoi. Peut-être parce que ce drame fait resurgir ses vieux démons, et le petit garçon perdu qu’il a été ? Parce qu’il est un enfant trouvé, et que personne ne le sait. Lui-même d’ailleurs, que sait-il réellement ?

La mort, la jeunesse, la parentalité, les chemins que la vie nous réserve ; il y a beaucoup de beauté dans ces lignes. Des personnages atypiques et si réalistes aussi, comme Rosy, la meilleure amie de Marina ; Vilno Smith, une cliente farfelue de l’agence, ou l’inspecteur Cousinet. Ce sont des êtres lumineux qu aident Jérôme, chacun à leur manière. Et puis il y a le souvenir, puissant et fier, d’Annette, la mère de Jérôme ; tout en amour et en pudeur. Côté style, l’auteur s’autorise des dérives vers le fantastique parfois, et ajoute beaucoup de poésie à tout ce chagrin qu’elle nous donne à lire.

J’ai trouvé ce roman en Inde, par hasard, dans un hôtel. Dès la toute première page, je me suis laissée entraîner par l’écriture, et l’immersion a été totale. Je n’ai pas seulement aimé cette histoire : j’ai été comme envoûtée par elle. Car il y a dans ce petit livre une atmosphère très spéciale, qui vous prend aux tripes. Je pense que c’est quitte ou double : on y adhère totalement ou pas du tout. Moi qui ai du mal avec les histoires biscornues ou peu plausibles, là je n’ai pas cherché à comprendre la part de réel ou d’imaginaire, de crédible ou non. Je me suis simplement laissée surprendre par l’émotion. Les thèmes abordés sont larges, mais l’auteure réussit à trouver une cohérence à l’ensemble et l’intrigue, car il y en a une, nous laisse chancelant aux dernières lignes. C’est un livre qui m’a profondément émue et questionnée. Peut-être est-ce tout simplement la fragilité de cet homme qui m’a touchée. Son côté asocial aussi, limite inapte, est troublant. Il pourrait presque être antipathique à force de mollesse, mais ses réflexions sont si humaines qu’on lui pardonne aisément ses maladresses.

Vous l’aurez compris, Dans la nuit brune est un coup de cœur…

 

Dans la nuit brune, de Agnès Desarthe. Editions Points. 233 pages.

Ce livre a reçu le Prix Renaudot des lycéens 2010

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4 réflexions sur “ Dans la nuit brune ”

lilousoleil

9a y est il est dans ma Pal, et pas pour tpout de suite masi d’ici la fin de l’année….
avec le sourire

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Manoulivre

Tu me diras ton sentiment!

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laure

Un livre que j’ai déjà noté et tu confirmes mon avis de le découvrir Merci pour ta participation et à bientôt Bonne journée !

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Philisine Cave

Je crois que tous les détails dont fourmille ce texte nous accrochent (enfin un effet garanti chez nous deux réunies). Bises

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