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Dérives sur le Nil

17 novembre 2014 - Romans
Dérives sur le Nil

Une péniche amarrée au bord du Nil. Ceux qui s’y retrouvent chaque soir tentent de fuir la réalité au moyen du narguilé et du haschisch qui s’en dégage. Ils sont sept ; avocat, critique d’art, cinéaste, femme mal mariée ou fonctionnaire. Leur hôte, Anis, prépare chaque soir le rituel de leurs retrouvailles avec le vieil Abdu. Les amis dissertent sur la vie, sur le monde, sur tout et sur rien. Ce rien qui n’est jamais sérieux, ce rien qui n’est jamais grave ; ils sont tous sont nihilistes. Leur détachement, leurs désillusions cyniques sont un mode de pensée qu’ils revendiquent et assument. Ils se sentent en marge de la société égyptienne, se croient libres. Jusqu’au jour où la venue d’une journaliste, Samara, va perturber l’harmonie du groupe. Car elle soulève des questions qu’ils ne s’étaient jamais posés, jusqu’au drame qui bouleversera tout…

Dérives sur le Nil n’est pas un texte facile. En aparté, les pensées intérieures d’Anis apparaissent comme autant d’interruptions délirantes. Sous l’emprise du haschisch, les discussions des personnages ne sont pas toujours limpides pour le lecteur. Mais sans pouvoir l’expliquer, il règne une atmosphère étrange et attirante dans ce roman. Si l’on prend la peine de ne pas chercher à tout comprendre. Si l’on accepte de se laisse bercer, porter par la mélodie des phrases. Quant à cette chute dramatique, ce renversement de situation auquel on ne s’attend pas… le lecteur en est tout étonné, en haleine presque, se demandant quelle décision sera prise ensuite, qui scellera à jamais le destin des uns et des autres. C’est donc une lecture déconcertante mais vraiment intéressante.

C’est aussi la première fois que je lis un roman de cet auteur. Après l’avoir terminé, j’ai eu envie d’en savoir plus sur lui, sur sa vie (démarche qui ne fait pas partie de mes habitudes). Mais je n’ai pas regretté mes recherches. J’ai ainsi appris que Naguib Mahfouz est né en 1911 et est mort en 2006. Il est un des plus grands écrivains égyptiens. Il a reçu le Prix Nobel de littérature en 1988 ; premier prix de cet importance décerné à un écrivain arabe. En faveur de la paix entre israéliens et palestiniens, ses prises de position politisées ne lui ont pas valu que des admirateurs ; il échappa en 1994 à une tentative d’assassinat qui lui laissa la main droite paralysée. Je ne sais pas bien pourquoi, mais apprendre tout cela m’a donné encore plus envie de le lire.

Et vous, connaissez-vous Naguib Mahfouz ? Avez-vous d’autres livres de lui à me conseiller ?

 

Dérives sur le Nil, de Naguib Mahfouz. Éditions Folio. 192 pages. 1991.

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