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Ecoute la pluie

26 mai 2014 - Coup de coeur
Ecoute la pluie

Depuis des mois, je n’avais pas ouvert un roman par pure envie, par désir. Mais celui-ci m’a tapé dans l’oeil tout de suite. Parce que j’avais lu de belles critiques dessus, parce que le titre est beau et surtout, surtout parce qu’en ce moment, on l’écoute tous beaucoup, la pluie.

Pour résumer Ecoute la pluie, je dirais que c’est 97 pages d’une écriture pleine de délicatesse. Comme une caresse sur un corps aimé, un regret, une furieuse envie de pleurer, un sourire qui marque à jamais. C’est l’histoire d’une femme qui croise un vieil homme sur un quai de métro. L’homme se tourne vers elle et lui sourit, avant de sauter sur les voies. La narratrice devait rejoindre l’homme qu’elle aime au bord de la mer, à l’Hôtel des Embruns. Mais après cette rencontre, le suicide de cet inconnu, elle s’enfuit et passe une nuit d’errance dans Paris, sous l’orage.

Le temps s’évanouit, la nuit court, le souvenir de cet homme persiste en elle. Elle se questionne, sur sa relation amoureuse, sur ses sentiments, sur son enfance. Le passé resurgit sans crier gare et la gifle de plein fouet. C’est le récit de ce questionnement, de ce bouillonnement intérieur que l’auteur nous donne à lire. Sans jugement pour ses personnages, nous ne saurons de cette femme que ce qu’elle accepte de dire ; son prénom nous est inconnu, tout comme son âge. Les détails n’ont pas leur place ; ce qui compte c’est ce que ressent l’héroïne, tandis que les heures, la ville et le monde continuent de tourner.

La poésie qui se dégage du texte de Michèle Lesbre le rend totalement magnétique. Je l’ai lu très rapidement, dans une sorte d’avidité, de soif face à cette histoire dont l’intérêt est finalement moindre comparé à la beauté des mots choisis. Oui, ce n’est pas un roman qui offre une intrigue, une vraie « structure », un début, un milieu et une fin. La fin d’ailleurs m’a un peu déçue, j’aurais aimé poursuivre encore au moins durant une cinquantaine de pages cette déambulation solitaire. En dehors de cette légère frustration, j’ai beaucoup aimé ce roman, plein d’émotions et de questions. Car il interroge notre capacité à être vivants malgré tout, malgré l’incongruité de la vie. Comme le sourire d’un inconnu qui ne s’efface pas.

Ecoute la pluie, de Michèle Lesbre. Editions Folio. 98 pages. 2014.

2 réflexions sur “ Ecoute la pluie ”

Kidae

Ton billet va dans le sens d’une autre critique que j’ai lue à propos de ce livre. Je vais le remonter dans ma liste à lire .

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Manoulivre

Oh oui Kidae, c’est vraiment un très joli livre. Il ne s’y passe pas grand-chose mais ça remue tout de même l’âme !

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