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Festival Etonnants Voyageurs de Saint-Malo – Journée du dimanche 19 mai 2013

28 mai 2013 - Festivals et Rencontres

11h30 – Café littéraire : Destins extraordinaires

Avec : Christine Jordis, Serge Bramly, Jean Teulé, Didier Decoin. Animé par Maëtte Chantrel.
Présentation des auteurs par Maëtte Chantrel.

Christine Jordis est écrivain, mais aussi journaliste au Monde et membre de la maison d’édition Grasset. Son dernier roman s’intitule Une vie pour l’impossible.

Serge Bramly est né en 1949 à Tunis. Il a vécu au Pakistan, au Brésil, en Turquie et a écrit sur des grands personnages historiques. En 2012, c’est à Marcel Duchamp qu’il s’intéresse, dans son roman Orchidée fixe.

Jean Teulé (qu’on ne présente plus !) a travaillé dans la BD, a été homme de télévision puis auteur à succès, il vient présenter à Saint-Malo sa Fleur de Tonnerre.

Enfin, Didier Decoin ; créateur de la SCAM, scénariste et membre de l’Académie Goncourt, est aussi Président du Groupe des Écrivains de Marine (ça existe ?!). Son dernier roman , La pendue de Londres, est paru en mai 2013.

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De gauche à droite : Jean Teulé, Christine Jordis, Mäette Chantrel, Didier Decoin, Serge Bramly, Michel Abescat

Christine Jordis est – honneur aux dames – la première invitée à parler. Une vie pour l’impossible dresse le portrait d’un rêveur diurne, qui n’est autre que son père, Henri de Foucaucourt (même si elle ne le dit pas expressément et déplore que cela intéresse tant les journalistes). Il s’est illustré dans la bataille d’Italie durant la Seconde guerre mondiale, à trouvé la femme de sa vie à 82 ans, à vécu parmi les inuits… eu une vie très mouvementée !

Quand Maëtte Chantrel lui demande comment as t-elle géré la distance nécessaire à prendre pour écrire un roman sur son père, l’écrivain répond que la principale difficulté fut de ne pas tomber dans la niaiserie ou le sentimentalisme. Elle ne voulait pas écrire sur le rapport père-fille non plus, mais bien sur les péripéties vécues par cet homme qui aurait pu être un personnage de roman. Elle s’est questionnée sur les raisons qui poussent un être humain à aller dans tous ces pays, à vouloir multiplier les expériences ; quelle forme de quête l’y a poussé ? Elle a utilisé les carnets de son père pour écrire son roman et se dit fascinée par le fait que certaines personnes sacrifient leur quotidien, le calme train-train d’une existence « calme » pour un appel beaucoup plus fort, presque impérieux; qu’ont-ils entrevu que nous (gens ordinaires) n’avons-nous pas vu ?

Je la trouve touchante à ce moment là car malgré son âge, elle me fait penser à une enfant qui se demanderait encore « pourquoi papa s’en allait tout le temps ? » Peut-être que je délire, que j’interprète et que je suis complètement à côté de la plaque (c’est possible !) mais j’ai perçu une forme d’émotion chez cette femme qui nous présente aujourd’hui un livre qu’elle dit porter en elle depuis des années (on peut la croire). Rien que pour cela, elle me donne envie de la lire…

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Jean Teulé et Christine Jordis écoutant studieusement Serge Bramly

Ensuite, nous passons au livre de Serge Bramly, Orchidée fixe. J’avoue que j’écoute d’une oreille un peu distraite, car le sujet ne m’enthousiasme pas vraiment (au lycée j’étais en spécialité arts plastiques et notre prof, fan d’art moderne, nous a quelque peu dégoûtés de Duchamp et ses amis). Ce qui n’empêche pas l’auteur d’être éloquent et de m’apprendre que Duchamp avait horreur du marché de l’art, le considérant avec un réel désintérêt. Ce qui est une contradiction en soi quand on sait qu’il est aujourd’hui une référence pour tout le milieu artistique, qui ne cesse de le récupérer, de le réutiliser… Au début, Serge Bramly voulait faire une biographie . Mais les contraintes du genre ne collaient pas vraiment avec le personnage, tout en légèreté. Il a donc préféré abandonner cette idée pour en faire un roman. Tout comme Christine Jordis, l’écriture de ce livre lui tenait particulièrement à coeur, car Duchamp est son idole depuis des années.

C’est à présent au tour de Jean Teulé de prendre la parole ; pas vraiment besoin de lui poser des questions, il fait le show à lui tout seul. Totalement réveillé après notre petit-déjeuner, il arrive à conquérir toute la salle en à peine quelques minutes (à part deux vieilles pimbêches à côté de moi, qui ont l’air d’être contre tout ce qui peut paraître « populaire »). Il démarre en disant que son héroïne est morte le 26 février, date de son anniversaire (ainsi que celle de Victor Hugo et Buffalo Bill… tout le monde rit). La poilâde continue, quand il renchérit en disant que cette empoisonneuse était très prévenante avec ses victimes, car elle empoisonnait souvent des gens qu’elle aimait aussi, comme sa mère, à l’âge de 8 ans ! Mais aussi qu’elle était une « généraliste du crime ». Contrairement à d’autres serials killers, qui privilégient les femmes, les enfants, les prostituées ou autres, Hélène Jégado pouvait tuer n’importe qui. Homme, femme, enfant, riche ou pauvre, ceux qu’elle croisait repartait systématiquement en cercueil !Très bonne cuisinière, elle se faisait embaucher par ses victimes et les zigouillaient ensuite à la soupe…à l’arsenic ! En plus de tout ça, elle fut assez gonflée pour dire au bourreau en charge de son exécution qu’elle en avait tué bien plus qu’on ne le pensait et à l’assistance que « tous ceux qui me jugent ici me retrouveront dans l’au-delà« . Pas commode la gonzesse ! (comme aurait dit Monsieur Teulé) En effet, on s’est rendu compte lors de son procès qu’elle prenait un objet à chacune des personnes qu’elle a tué. Elle en avait fait une guirlande…sauf qu’en recomptant les objets, il y en avait une soixantaine ! Cette femme qui avait si peur enfant de l’Ankou, représentation bretonne de la Mort, est finalement devenue l’Ankou…

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Jean Teulé, orateur hors pair…

Enfin, nous terminons avec Didier Decoin et la vie d’Albert Pierrepoint, exécuteur en chef du royaume britannique, qu’il raconte dans La pendue de Londres. L’homme avait mis en place un système très spécifique pour permettre aux condamnés de mourir immédiatement (un bourreau pas sadique pour deux sous, en somme !) Il a pendu treize nazis ainsi que Irma Grese, surnommée « la hyène de Belsen »… Mais c’est une autre femme qui donne son titre au roman ; Ruth Ellis, malmenée par la vie, qui tuera son amant et que Pierrepoint devra pendre. Le roman fait alterner la voix du bourreau et de sa victime. A l’écoute de l’écrivain, j’ai constaté la difficulté de passer après Jean Teulé, qui a tant captivé la salle… pas évident de rebondir ensuite, malgré les qualités orales de Didier Decoin.

Livres présentés :

Café littéraire. Remise du Prix Ouest France
Le Prix Ouest France est attribué à……….

Emmanuelle Bayamack-Tam pour son roman Et si tout n’a pas péri avec mon innocence (POL)
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15h – Café littéraire. Polars du monde Avec : Nick Stone, Olivier Truc, Patrick Dewitt, Percival Everett

Petite présentation toujours, des auteurs invités (bon, là je sèche un peu, parce que le polar je m’y connais pas du tout, d’ailleurs je ne connais aucun des écrivains présents…) Je note quand même qu’Olivier Truc vit à Stockholm (passionnant, pourquoi j’ai noté que ça ?) Mais aussi que Percival Everett dirige le département littérature de la Southern University of California, que Nick Stone est britannique d’origine haïtienne et pour finir que Patrick Dewitt est né au Canada, vit à Washington et a publié son 1er roman en 2009.

Dans Montée aux Enfers, le roman de Percival Everett, le flic-héros enquête sur un meurtre dont il est le principal suspect ; celui d’une vieille dame qu’il est le dernier à avoir vu vivant. C’est un personnage atypique : un métisse dont le père noir détestait les blanches… (ça peut coûter cher en psy ce genre de trauma enfantin) Il ne croit pas être un bon flic, il fait son boulot, point. C’est c’est aspect qui contribue à « déconstruire les standards du policier » (sous-entendu, pour une fois qu’il ne s’agit pas d’un super Columbo). En fait, c’est plutôt la personnalité de ce personnage principal qui est le plus important dans le récit, plus que l’enquête elle-même. C’est un choix de l’auteur, qui voulait vraiment être en décalage avec les codes du genre ; de la même manière, il n’y a pas de réponse vraiment tranchée, d’explication finale et définitive au sujet de l’enquête. Mais la structure du roman permet à l’auteur de traiter de sujets variés, et de peindre le tableau d’une Amérique assez sombre, avec ses prostituées, ses pauvres et ses drogués (jouasse dîtes donc !)

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De gauche à droite : (sa traductrice) et Percival Everett, (sa traductrice) et Patrick Dewitt, Maëtte Chantrel

Olivier Truc vient quant à lui nous présenter son premier roman, Le dernier Lapon. Il a reçu pour ce dernier le Prix des Lecteurs de Quais du Polar-20 Minutes et le Prix Mystère de la critique, en 2013. Dans le premier chapitre , qui se passe en 1696, il est question d’un objet que l’on retrouvera plus tard. Les chapitres suivants se passent de nos jours, et abordent le quotidien d’une équipe de policiers en Laponie Centrale, la Police des Rennes. Non seulement elle existe vraiment (en Norvège), mais en plus l’auteur a passé beaucoup de temps auprès d’eux pour se documenter et rendre son histoire plausible. Dans le livre, il ont un territoire immense sous leur responsabilité, des kilomètres à surveiller ; le flag est bien sûr impossible. Leur rôle est de prévenir les conflits entre éleveurs de rennes… j’apprends au passage l’existence des « constats d’accident de rennes » (c’est pas une blague, jvous jure !) Si le Nord ne m’attire pas vraiment (à part quand c’est fait par Katarina Mazetti ou Henning Mankell) là je dois admettre que ce livre me tente bien. Un polar décalé, que je serais curieuse de lire.

Ensuite c’est au tour de Nick Stone de nous parler de son roman Cuba Libre, le troisième volet de la trilogie mettant en scène son héros récurrent, Max Mingus. Après Tonton Clarinette en 2008 et Voodoo Land en 2011, le voici de retour. L’écrivain prend la peine de parler en français, bien qu’il bénéficie du soutien de son interprète. Très rapidement, la salle est charmée par sa voix grave, et son français parfait. Il nous fait rire aussi avec une petite anecdote ; il était si heureux qu’un éditeur accepte de le publier qu’il n’a pas lu les termes du contrat de ce dernier… Après Tonton Clarinette, il s’est vu contraint de rempiler pour deux autres livres ; il avait signé avec son éditeur pour une trilogie ! Bon prince, il n’a pas bâclé pour autant ses deux volets suivants et a mis deux ans à écrire chacun d’eux. De mon côté, encore un auteur qui réussi à me donner envie de le lire grâce à sa personnalité !

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Nick Stone captive ses auditeurs, fait rire ses confrères et la salle…

Enfin, c’est au tour de Patrick Dewitt de nous parler des Frères Sisters. Le polar met en scène deux frères, tueurs professionnels, à qui l’on demande de tuer quelqu’un dont ils se rendent compte qu’il est en fait un être unique et exceptionnel. Voilà la seule chose que j’ai noté ; mon manque de sommeil commence à se faire ressentir, ma main ne suit plus la prise de note… et la journée n’est pas finie, je dois garder des forces ! J’ajouterai simplement que le résumé du livre, lu plus tard sur internet, est assez alléchant (et apparemment mâtiné d’humour noir) Se pourrait-il que je me mette enfin au polar ?

Livres présentés :

16h – Pour saluer… Hommage à Franketienne
Avec : Franketienne. Animé par Maëtte Chantrel
Je vous ai déjà parlé de ce monsieur, vu pour la première fois la veille dans l’émission radio de Colette Fellous, Carnet Nomade. Il est un habitué du Festival Étonnants Voyageurs, et visiblement c’est un sacré bonhomme, qui ne laisse pas indifférent. Son premier roman, aujourd’hui réédité, s’intitule Mûr à crever ; écrit en 1965, il est publié en 1968. Il dit avoir entrevu, de façon visionnaire, « les phénomènes du chaos« . Il a été écrit sous la dictature de Duvallier (dont je ne connais quasi rien, j’ai honte). Avant de passer à des explications plus détaillées, nous avons le droit à une petite chanson de sa part, a capella s’il vous plait. Tout le monde est calmé ; le créole a des vertus de berceuse !
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Franketienne est un personnage très particulier. Il fait les questions et les réponses et surtout s’auto-congratule, ce qui évite à Maëtte Chantrel de le faire. Les festivaliers derrière moi sont très vite agacés par sa mégalomanie ; moi je le trouve plutôt sympathique ! Il a au moins le mérite de dire tout haut ce que beaucoup d’artistes pensent d’eux-mêmes tout bas et d’y aller franco. Il se dit protégé par les Dieux, les Rois. Il n’est pas intéressé par la dimension anecdotique d’un livre et fustige les auteurs qui racontent leurs petites historiettes sans être touchés par cette grâce. Dire devant 300 spectateurs médusés qu’il existe des grosses m… littéraires, moi je trouve ça couillu culotté. Ce qui est drôle c’est aussi que son grand âge doit empêcher pas mal de monde de lui dire qu’il abuse (ou pas !) et ce petit côté vieil enfant terrible me plait beaucoup ! Sa mégalomanie ne le résume pas seulement et je l’approuve entièrement quand il affirme que si un roman n’est pas porté par l’exploitation des grands mythes il ne traversera pas les siècles. Que le travail de l’écrivain est de vaincre le temps, de vaincre l’éphémère. Et qu’en ce qui le concerne, il écrit plus pour lui que pour son lecteur, cherchant « le côté divin de sa personne ». Rien que ça… Je vous avais dit que c’était une personnalité atypique !

16h15- Café littéraire. Tragédies modernes
Avec : David Vann, Jonas T. Bengtsson, Jérôme Ferrari. Animé par Michel Abescat
Bon, autant vous le dire tout de suite, je suis surtout là pour écouter Jérôme Ferrari. Je n’ai pas accroché à son Sermon sur la Chute de Rome, c’est vrai… mais la veille je l’ai croisé devant l’hôtel Chateaubriand, il fumait sa cigarette tout seul, et m’a décroché un joli sourire un peu triste… je sais pas pourquoi mais je l’ai trouvé craquant j’ai aussitôt culpabilisé d’avoir écrit ma critique (même si elle n’aura aucun impact sur lui, c’est juste qu’il est difficile de descendre quelqu’un de sympa). Donc pour me « racheter » je suis venue l’entendre… (pas bien dans sa tête la gonzesse…) Malheureusement le « meilleur étant pour la fin » ben…il va passer en dernier, snif.

David Vann est déjà venu présenter ses précédents ouvrages au festival, à savoir Sukkwand Island et Désolation. Il est ici pour son troisième roman, Impur. Jérôme Ferrari en est à son cinquième roman. Il est né à Paris, a vécu en Corse et en Algérie, et travaille actuellement à Abou Dabi en tant que professeur de philosophie dans un lycée français. Quant à Jonas T. Bengtsson, il est danois et vit à Copenhague. Le roman de Jonas T. Bengtsson, A la recherche de la reine blanche traite de la relation entre un père et son fils. Lorsqu’il est enfant, Peter reste souvent seul, son père est absent et ils déménagent souvent. Que fuient-ils ? Chaque soir, l’enfant a le droit à une histoire où il est question d’un père et son fils poursuivant une reine blanche… Il enquêtera à 16 ans sur son père, pour tenter de répondre à ses questions. L’atmosphère est pesante, malgré une approche en forme de conte. A priori, ce n’est pas le style de bouquin qui m’attire…mais de très bonnes critiques sur la blogosphère me font le garder dans un coin de ma tête.

Nous passons maintenant à David Vann. Sur le moment, je n’avais pas percuté qu’il s’agissait de l’auteur de Sukkwand Island, qui m’attend sur ma bibliothèque car il fait partie de la sélection pour le Prix des Lectrices. Mais son visage m’avait marqué dans des interviews, j’ai donc tendu l’oreille… Son dernier roman, Impur, est (encore) une tragédie familiale en forme de huis-clos. Il se situe en Californie, et tout le long on pressent que la mort ne peut être que la seule échappatoire. Quand on lui demande pourquoi installer ses histoires dans des lieux isolés, il répond que « les bonnes tragédies se font toujours en huis-clos« . C’est le principe de la tragédie grecque : on limite l’espace scénique pour accentuer la pression sur les personnages. Dans son livre, la destruction qui s’opère entre une mère et son fils est inconsciente, exactement comme dans les grands mythes. Il soulève ces questions : pourquoi blessent-on ceux qu’on aime ? Quand brise-t-on un tabou ? Il dit n’avoir pas de plan particulier quand il écrit, ce qui le laisse dans l’ignorance de ce qu’il peut révéler de lui-même (fascinant, n’est-ce pas ?)
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Allez, c’est à Jérôme Ferrari. Nous revenons sur Le sermon sur la chute de Rome. Comme dans une bonne tragédie, ici aussi l’unité de lieu est respectée (l’essentiel de l’histoire se passe autour du bar des deux personnages principaux, en Corse). Cependant il s’amuse d’avoir « trahit » d’autres codes ; la multitude de personnages par exemple ainsi que les allers-retours à travers les époques. On sent l’agrégé de philosophie qui s’exprime quand il confie que pour lui, « la tragédie est un mécanisme de la chute inévitable« , d’où sa fascination pour la phrase de Saint-Augustin « le monde est comme les humains, il naît, grandit et meurt« . La salle rit du fait qu’il « tente depuis deux jours de prouver qu’il est un écrivain joyeux » (malgré les thèmes dont il traite dans ses romans). C’est vrai, cet homme n’a pas l’air sinistre (je culpabilise encore un peu plus) Il rétablit aussi un malentendu concernant les sermons de Saint-Augustin qui figurent dans son roman ; il les a remis en forme, réécrit alors que certains journalistes ont pensé qu’il avait recopié ses discours ! Je vais peut-être donner une chance à un autre de ses romans après Saint-Malo…

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On ne saura pas de façon certaine si Jérôme Ferrari est un écrivain « joyeux » mais ce qui est sûr c’est que David Vann et sa traductrice se poilent bien, eux !

Livres présentés :

17h – Café littéraire. Comment tout a commencé
Avec : Vassilis Alexakis, Mark Behr, Peter Fromm. Animé par Maëtte Chantrel et ??

Présentation des auteurs. Vassili Aleksakis a été journaliste au Monde, et a obtenu le Prix Médicis en 1995. Il est ici pour présenter son roman L’Enfant grec, son quatorzième roman. Pitt Fromm est né dans le Wisconsin, vit aujourd’hui dans le Montana. Il a été ranger dans un Parc National (et ben!) et est là pour Comment tout a commencé.

Mark Behr est né en Tanzanie, de parents fermiers. Il a ensuite émigré en Afrique du Sud avec sa famille qui était afrikaner, puis a pris conscience de l’injustice du système sud-africain et a alors rallié l’ANC. Son nouveau livre s’intitule Les Rois du Paradis.

Dans Comment tout a commencé, Pitt Fromm raconte la relation fusionnelle d’un frère et une soeur, Austeen et Abilene. Ce dernier adore sa grande soeur qui l’entraine à jouer au base-ball, alors qu’elle-même n’a pu devenir joueuse professionnelle. Son amour l’aveugle et il ne voit pas les prémices de la folie, des troubles bipolaires qui agitent Abilene. C’est une histoire de claustrophobie aussi, de famille qui sauve autant qu’elle étouffe (dixit le site de l’éditeur) Je n’ai pas pris beaucoup de note sur ce livre, et je ne sais pas si les très bonnes critiques réussiront à me convaincre tant le sujet semble en effet oppressant…

Par contre je suis beaucoup plus tentée par le sujet des Rois du Paradis, de Mark Behr. Son personnage principal, Michiel Steyn, est un homosexuel. Il n’a pas vu sa mère depuis des années ; quand il la revoit, le moment est très beau, et tout se passe bien. Il peut lui confier qui il est. Mais bientôt elle meurt, et l’histoire devient celle d’un retour sur le lieu de l’enfance, et vers son passé en Afrique du Sud. C’est un roman sur l’incompréhension, les silences, les secrets. Mais Mark Behr s’intéresse aussi à la réconciliation et questionne le fait de se reconstruire après une déchirure. Un roman qui semble plein de promesses !

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Mark Behr parlant de son roman Les Rois du Paradis

Nous terminons ce café littéraire avec Vassilis Aleksakis. L’homme me captive totalement ! Il nous parle de l’Enfant grec, dans lequel un homme qui déambule croise Jean Valjean, D’Artagnan et autres personnages de livres. Il présente ces hommes et ces femmes de fiction comme des membres de sa famille. Vassilis Aleksakis s’est rendu compte que ce sont ces personnages qui lui ont fait découvrir la littérature, et l’aimer. Il aurait voulu être un de ces héros ; à défaut, il a écrit des histoires. C’est aussi un hommage à sa mère, qui lui demandait quand il était enfant de raconter une histoire… à partir des tâches d’humidité au plafond ! Il a passé deux ans à écrire ce livre, et avoue que c’est une tentative d’échapper à la mort, car les protagonistes imaginaires ne meurent jamais ! Je ne doute pas que l’Enfant grec finisse bientôt dans ma PAL…

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Vassilis Aleksakis et ses superbes chaussettes…

Livres présentés :

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