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Festival St Maur en poche

24 juin 2015 - Festivals et Rencontres
Festival St Maur en poche

Le Festival St Maur en poche c’était le week-end dernier (20 et 21 juin 2015) et une première pour moi !

J’ai eu du mal à me lever de bonne heure, du coup j’ai loupé un café littéraire qui m’intéressait et la remise des prix, mais rien de bien méchant… Une fois arrivée, j’ai été surprise par la foule, entassée sous les bâches du marché. J’ai remercié la météo qu’il ne fasse pas 35 degrés, parce que ça aurait été le hammam assuré !

En essayant de surmonter mon côté claustro et agoraphobe, j’ai joué des coudes pour arriver jusqu’au petit coin où se tenait le café littéraire.

Un sentiment de désespoir m’a envahi quand j’ai vu qu’il n’y avait aucun moyen d’y accéder, à cause d’une foule compacte massée autour. J’ai tenté le coup de la blogueuse-starlette pour passer derrière un stand (« excusez-moi c’est à dire que jsuis BLOGUEUSE je fais un reportage sur le festivaaaal…. ») mais je n’ai obtenu avec cette méthode qu’un poli mais ferme « désolé mais nous avons notre propre équipe de journalistes donc vous ne pouvez pas passer par là, il faut essayer de trouver une place autrement ». J’ai failli pleurer (un train de banlieue, du métro, un RER et plus d’une heure de trajet pour CA ??!!) mais finalement, les quelques places assises qu’il y avait se sont libérées d’un coup. J’ai donc fait une entrée de rugbyman dans le stade et posé mes fesses sur une chaise au deuxième rang, en me promettant d’y rester jusqu’à la dernière conférence prévue !

Le premier café était une rencontre avec Jonathan Coe. J’avais tout spécialement lu, en prévision de sa venue, son roman La pluie, avant qu’elle tombe (je vous en parle bientôt). Mais il n’en a pas été question ; le journaliste l’a interrogé sur son dernier roman, Expo 58.
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La seconde rencontre réunissait Emilie Frèche et François-Guillaume Lorrain. Ils venaient de recevoir une heure auparavant un prix en commun, celui du magazine Transfuge, pour leurs ouvrages respectifs. A savoir 24 jours d’Emilie Frèche et L’année des volcans, de François-Guillaume Lorrain.

24 jours est le second livre de l’auteure sur l’affaire Ilan Halimi (le premier s’intitulait La mort d’un pote). Elle confie son choc lors de la vision de la photo du gang des barbares et rapproche l’affaire Dreyfus de celle d’Ilan ; selon elle, ces deux évènements majeurs donnent chacun à leur mesure une idée du « niveau d’antisémitisme en France ». Elle rappelle que le meurtre du jeune homme est aussi un symbole fort : « il est le premier juif mort en France parce que juif, depuis 1945 ». Elle ajoute que même les policiers ne voulaient pas croire que cet enlèvement puis ce meurtre puisse être motivé par l’antisémitisme. Mais aussi que la mère d’Ilan, Ruth Halimi, a été profondément blessée de la négation du caractère antisémite de l’assassinat. Invitée à la radio, elle a déclaré « tout ce qui n’est pas dit n’existe pas ; ne pas dire qu’Ilan a été tué parce qu’il était juif, c’est le tuer une deuxième fois. » C’est une des raisons qui l’a poussée en tant qu’écrivain à accepter la demande de sa mère d’écrire un livre à ce sujet.
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La troisième rencontre mettait à l’honneur Donato Carrisi, le « maître du thriller italien ». L’écrivain a une formation de juriste spécialisé en criminologie. Son premier roman policier, Le chuchoteur a connu un immense succès en Italie, puis en France avec quelques 300 000 exemplaires vendus. Il a aussi remporté le Prix SNCF du polar européen 2011 et le Prix des Lecteurs Livre de Poche la même année. J’avoue que je ne connaissais pas du tout cet auteur, n’étant pas une lectrice de polar… mais il va falloir que je tente au moins quelques « classiques » prochainement ! En tout cas l’homme est assez sympathique, show-man, très décontracté… italien, quoi ! (non mais quel cliché !)
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Après cette star internationale du polar, nous avons eu la visite d’une star typiquement française et assez surprenante…. Casimir. Visiblement, ma culture télé est proche du néant car au-delà du nom et de la silhouette orange du grand machin en feutrine, je n’ai jamais vu L’île aux enfants ! Nous n’étions pas nombreux dans mon cas, si j’en crois les visages ravis autour de moi… Le créateur de Casimir, Yves Brunier, était venu parler de son livre Dans la peau d’un montre (gentil) – Ma vie avec et sans Casimir.
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Enfin, est arrivée la dernière interview, celle que j’attendais avec le plus d’impatience : les invités étant Maylis de Kerangal et Yasmina Khadra. J’ai eu l’occasion de croiser à plusieurs reprises la première, qui est une jeune femme absolument charmante. Quant à Monsieur Khadra, j’étais toute contente de l’entendre parler : je suis une grande fan de cet écrivain !

Le journaliste a questionné leur rapport au cinéma, à l’écriture, à la réalité et à la fiction. Yasmina Khadra a confié qu’il trouvait le monde « schizophrène, sénile ». En contrepartie, il a dit essayer « d’interroger son époque, cette planète, l’humanité ». Qu’il porte en lui « une quête névrotique du savoir » et qu’il croit « possible de dépoussiérer les passerelles qui unissent les peuples ». Maylis de Kerangal, elle, a parlé de ses choix d’écriture : le roman étant traditionnellement le lieu du sujet, le lieu du moi, elle a souhaité décrire des épopées collectives (dans Naissance d’un pont ou Réparer les vivants). Elle aime l’idée de s’interroger sur : « que peut-on construire ensemble ? » et croit que le roman peut retranscrire ces épopées humaines.
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Le journaliste a établi un parallèle entre les deux écrivains dans leur recours à l’imaginaire pour raconter le réel. Yasmina Khadra pense qu' »à travers la littérature, on apprend à apprivoiser son propre destin. J’écris parce que je rêve. La métaphore fait partie de ma vie, elle est ma pulsation, ce qui me traverse. » Quant à la question de l’adaptation cinéma de leurs livres, Maylis de Kerangal (dont quatre romans sont en passe de devenir des films) a indiqué qu’elle était interpellée par la transformation, par l’appropriation de son travail par quelqu’un d’autre. Raison pour laquelle elle ne tiens pas à participer aux adaptations cinéma de ses propres romans, afin de ne pas gêner le travail du réalisateur.
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A la fin de cette rencontre, je suis allée faire un tour sur le salon du livre. J’ai été demander, toute tremblante, une dédicace à Yasmina Khadra… Puis je suis allée dire tout le bien que je pensais de son livre à la délicieuse Emilie Frèche (auteure de Deux étrangers). Nous avons discuté un moment, puis je suis repartie, direction le RER….

Je pense renouveler l’expérience St Maur l’année prochaine ! Et vous ? Y avez-vous déjà été ? Comptez-vous y aller un jour ?

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