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Je ne suis pas n’importe qui

12 juillet 2013 - Autres livres/Poésie
Je ne suis pas n’importe qui

Quand j’ai emprunté ce recueil de BD à la médiathèque, je ne savais pas trop à quoi m’attendre. Il s’agit en fait d’une compilation de six histoires, écrites et dessinées par Jules Feiffer entre les années 50 et aujourd’hui. La première, Passionella, a pour héroïne Ella, ramoneuse de cheminée. Chaque soir, elle rêve devant son petit écran de devenir une star de cinéma. Jusqu’au jour où sa marraine la bonne fée, toute droit sortie de l’écran, exauce sa prière : elle la transforme en un coup de baguette magique en Passionella, une femme au physique superbe, qui va rapidement connaître le succès. Mais aussi la solitude…

La seconde, Harold Swerg, est celle d’un homme (du même nom) à qui l’on veut absolument attribuer un rôle de héros, mais surtout qu’il dépasse des recors olympiques…et qui s’y refuse. Son seul souhait à lui, est de rester tranquille, et qu’on ne l’embête pas avec ces sottises. Comment échapper à la pression de l’Etat, du pays tout entier ? Il va trouver un subterfuge assez fin…

La troisième histoire s’intitule La Lune de George. Elle parle d’un homme qui vit sur la Lune. Il se questionne : pourquoi suis-je seul sur la lune ? Comment occuper ses journées et faire face à la solitude ? Mais le jour où des fusées arrivent, avec d’autres hommes à leurs bords, sa réaction n’est pas celle que l’on imaginait…

La quatrième est celle de La Machine Solitaire. Walter Fay est un homme toujours déçu par les autres, incapable de nouer des contact avec qui que ce soit. Il construit alors une machine avec qui il peut converser, se disputer, se rabibocher. Cela lui redonne de l’assurance, et il se remet à sortir. Et à rencontrer des « vrais » gens… mais que va t-il advenir de sa machine ?

Enfin, la dernière histoire (la sixième planche est « muette ») est ma préféré, celle de Munro ; c‘est aussi la plus ancienne. Dessinée par l’auteur entre 1951 et 1953, durant son service militaire. Elle est parue en 1959 et raconte comment un petit garçon de quatre ans, Munro, a été engagé à son corps défendant dans l’armée. C’est en fait une satire et une critique de l’aveuglement militaire, et c’est aussi cruel que drôle et touchant. Enfin, la dernière planche m’a un peu échappé je dois le dire… je n’ai pas compris le sens des dessins, si quelqu’un peu m’éclairer ? Mais j’ai beaucoup apprécié les pages de présentation situées en fin de l’ouvrage, qui nous explique qui est Jules Feiffer, et d’où viennent ces histoires (ainsi que leur sens). Quand on débute comme moi dans la lecture des bandes dessinées, c’est appréciable de trouver quelques points de repères !

Jules Feiffer est né à New York en 1929 dans le Bronx et s’est passionné très tôt pour Popeye ou Flash Gordon. En 1956, il entre au Village Voice et y publiera une page hebdomadaire sans interruption durant quarante-deux ans. Puis il travaillera pour Playboy, écrira une comédie musicale, puis une seconde ; sans oublier de prendre position durant la guerre du Vietnam contre Richard Nixon, et plus tard contre Ronald Reagan. Il écrit et dessine aujourd’hui des ouvrages pour la jeunesse. Alors si ne le connaissiez pas, franchement je vous le conseille ! Le trait peut déconcerter : je ne dirais pas qu’il s’agit à proprement parler de « beaux » dessins, non. C’est plutôt croqué que dessiné ; mais les textes et ce que révèle leur sens m’ont beaucoup plu par contre. Je me sens moins ignare aussi.

 

Je ne suis pas n’importe qui, de Jules Feiffer. Éditions Futuropolis.

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