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Julien Parme

19 novembre 2012 - Romans
Julien Parme

A force d’entendre parler de ce jeune écrivain si doué, j’ai eu envie de lire Florian Zeller. Tombée par hasard sur ce roman-là de lui chez mon petit libraire d’occas’, je me suis dis : pourquoi pas ? Le thème me convenait (les tribulations d’un ado de 14 ans, presque 15) et il m’a semblé que le sujet serait certainement plus léger que mes dernières lectures, vu que la quatrième de couverture parlait de « fugue picaresque et jubilatoire ».

Effectivement, Julien Parme est un roman gentiment réussi, au ton caustique, léger, mais sans être superficiel. Le langage, les expressions employées sont très cohérentes avec l’âge du narrateur et sont, je l’admet volontiers, assez jubilatoires. »A quoi pense une femme de son âge ? Je veux dire une femme de facile trente ans. Est-ce qu’elle rêve certains soirs de coucher avec un type de quatorze ans, bientôt quinze ? Parce que moi, autant vous dire que j’ai passé des milliers d’heures dans les bras imaginaires de femmes de cet âge-là. Je sais que ça arrive, parfois. A mon avis, on devrait encourager la pédophilie féminine. Surtout que Mme Thomas avait des yeux magnifiques ». C’est au lecteur que le héros s’adresse, formulant à voix haute ses questions, ses doutes, ses chagrins. Julien est un gamin un peu perdu, qui se sent mal aimé par sa mère qui va se remarier. Il déteste son beau-père, qu’il surnomme « la particule ». A ses yeux, il vole la place de son père (décédé d’un cancer quand il avait neuf ans). Il ne peut aussi souffrir la fille de celui-ci, Bénédicte, dont il hérite pour demie-sœur. Mais même si ses proches ne semblent pas le comprendre ou l’aimer, lui s’en moque, car il a la certitude qu’il deviendra un grand écrivain. Qui connaîtra le succès, sera interviewé par de jolies journalistes éblouies par la beauté de ses œuvres et par son charisme. En réalité, il ne fait pas grand-chose à l’école, part un peu dans tous les sens, et ne se rend absolument pas compte des conséquences qu’entraînent ses actes…

J’ai retrouvé dans ce roman toute l’inconscience qui caractérise la fin de l’enfance, ces réflexions attendrissantes qu’on a parfois soi-même prononcé. Ces réflexions justes, justes comme la voix de ceux qui peuvent encore dire tout haut ce que nous, adultes, nous sommes désormais contraints de penser tout bas. Un moment de lecture très agréable donc, mais je voudrais lire un autre ouvrage de Zeller qui soit peut être plus abouti, plus « adulte » afin d’avoir une autre vision de son style.

En effet, le principal défaut de Julien Parme est aussi sa principale qualité ; la sensation qu’on a, une fois la dernière page lue, de quitter un roman pour adolescents.

 

Julien Parme, de Florian Zeller. Éditions J’ai Lu. 255 pages. 2008.

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