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La mémoire des embruns

16 mai 2016 - Romans
La mémoire des embruns

Mary Mason est une femme âgée et malade. La mort rôde autour d’elle et ce qu’elle refuse plus que tout au monde, c’est de l’attendre dans la chambre d’une maison de retraite médicalisée. Sur l’île de Bruny, où elle a passé les plus belles années de sa vie, elle veut honorer ses ultimes promesses. Mais une lettre qu’elle doit donner à son destinataire l’empêche d’être sereine…

D’un côté, il y a cette femme âgée qui va mourir et de l’autre son fils Tom, qui a beaucoup de mal à vivre. Depuis son retour de l’Antarctique dix ans auparavant, sa vie s’est presque arrêtée. Malheureux et solitaire, toujours flanqué de sa chienne Jess, il n’a pas réussi à faire le deuil de son mariage et de cet hiver passé dans le froid polaire. Et ce n’est pas le déclin de sa mère qui va arranger les choses…

Quand Le Livre de Poche m’a contacté pour me proposer ce partenariat, j’ai beaucoup hésité. Le « pitch » me faisait peur ; ce n’est pas le genre d’histoire que j’affectionne le plus. Et puis je suis tombée sur une vidéo de Gérard Collard. Il disait que la nature l’emm**** profondément (ce qui me ressemble assez) et que pourtant, il s’était totalement laissé embarquer par le roman. Qu’il l’avait trouvé bouleversant. Son enthousiasme ne pouvait pas me laisser de marbre ! J’ai accepté de recevoir le roman. Et je dois reconnaitre qu’il se lit bien. Les pages se tournent aisément, c’est accessible, exotique (je ne sais pas vous, mais moi j’ignorais tout de la Tasmanie), distrayant. Je me suis amusée à faire tout un tas de recherches pendant ma lecture et j’ai ainsi appris plein de choses. Sur ce pays, sa nature, mais surtout sur les oiseaux. Tom est un passionné d’ornithologie et l’auteure du roman est vétérinaire, aussi il est souvent question d’animaux. Dans ce contexte, je me demande pourquoi il n’a pas été jugé utile de faire un petit mémo sur ces charmantes bestioles : une dizaine de variétés au moins est mentionnée dans le livre, mais qui visualise un méliphage à gorge jaune ou des puffins fuligineux ?

Vous sentez qu’il y a un « mais » ? Vous avez raison. En fait, je suis assez indulgente parce que les lectures « faciles », ça fait du bien de temps en temps. Mais pour être franche, je dois avouer que je n’ai pas été saisie par l’émotion promise (pourtant je suis du genre à avoir la larmichette facile). Les personnages sont censés être attachants, mais je suis restée en retrait, peut-être justement parce que les ficelles narratives sont un peu trop grosses. A ma grande surprise, le personnage pour lequel j’ai eu le plus d’affection fut… le chien ! Je dis cela sans ironie ni moquerie ; Jess est une chienne qui fait passer beaucoup d’émotions car elle est aussi la seule compagne de Tom depuis des années. Elle est le reflet de sa solitude. Côté « humains », seule Mary m’a un tantinet remuée. Elle force l’admiration par sa détermination à mourir comme elle l’entend et sa poursuite d’un fantôme a de quoi attendrir. Mais j’ai eu envie de secouer Tom comme un prunier, ce personnage un peu falot à mon goût. Et que dire de cette fameuse lettre, qui doit être le nœud tragique du récit et qui représente plutôt un artifice grossier ? J’avais deviné son contenu dès les premières pages et je ne m’étais malheureusement pas trompée (j’ai espéré jusqu’au bout être surprise, mais non, pfffff). L’histoire de la relation mère-fils se suffisait pourtant à elle-même…

En fait, La mémoire des embruns m’a fait penser au roman de Françoise Bourdin, La promesse de l’océan. Il y a cette même écriture simple, un peu plate mais plutôt agréable à lire ; ces histoires de famille, de secrets, de blessures. Avec la même volonté de provoquer l’émotion des lecteurs, malgré des raccourcis qui nuisent parfois à la narration. Pourquoi pas. Il en faut, des livres comme ceux-là. Mais ce n’est pas, je le sais, ce que j’attends vraiment de la littérature. En dehors d’une lecture de plage, bien sûr. Et c’est justement un roman qui sera parfait pour les vacances, pour sentir le vent sur votre visage, rêver au blanc de l’immensité polaire. Il se lira tout seul sur un transat !

Je ne peux que vous souhaitez un bon voyage si vous décidez d’embarquer. Pour ma part, je préfère décidément les chemins de traverse aux gros paquebots de croisière.

 

La mémoire des embruns, de Karine Viggers. Éditions Le Livre de Poche. 571 pages. 2016.

La vidéo de Gérard Collard, c’est ICI

 

Une réflexion sur “ La mémoire des embruns ”

Kidae

Je le mets sur ma liste « livres de plage » alors 😉

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