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La pendue de Londres

14 janvier 2015 - Romans
La pendue de Londres

Angleterre, fin 1945. Ruth Ellis est une jeune mère célibataire aux traits charmants, qui trouve dans la prostitution l’espoir d’une rencontre opportune. Albert Pierrepoint quant à lui, est l’exécuteur officiel de la Couronne. Le destin va rapprocher ces deux êtres que tout oppose lorsque Ruth tue son amant et est condamnée à la pendaison…

Si les deux personnages principaux ont réellement existé, le lecteur ne doutera nullement d’avoir entre les mains un véritable roman. Parce qu’il est littéralement emporté, dès les premières pages, dans l’atmosphère de l’après-guerre. Le récit s’ouvre sur l’exécution d’une dizaine de nazis à Hamelin, en Allemagne, où notre héros-bourreau fera passer l’arme à gauche (en l’occurrence, nous pourrions dire « la corde à droite »…) à Irma Grese. Une femme monstrueuse, surveillante-chef à Ravensbrück ou Auschwitz et dont le regard juvénile convaincra Albert Pierrepoint de ne plus jamais pendre une femme, à moins d’en être forcé. Car cet homme surprenant, dont le métier est de donner la mort, ne semble pas avoir une once d’inhumanité ou de sadisme en lui. Attaché à ne pas faire souffrir ses « clients », quels que soient les crimes dont ils sont accusés, il a inventé une méthode de pendaison qui permet la rupture immédiate des cervicales, d’où une mort rapide et certaine. Il sera profondément affecté de sa rencontre avec Ruth Ellis, cette jeune femme que le destin n’a cessé de malmener depuis sa plus tendre enfance. Les hommes de sa vie l’ont toujours maltraitée, humiliée. Malgré sa volonté de s’en sortir, elle ne semble jamais faire les bons choix, ce qui la rend profondément fascinante et attachante.

J’ai pris un réel plaisir à lire cette histoire, qui malgré sa dureté, s’est révélée étonnamment distrayante. Oui, aussi étrange que cela puisse paraître, j’ai eu la sensation de tenir entre mes mains un véritable page-turner. Le style journalistique de Didier Decoin rend la lecture fluide et agréable. Son empathie pour ses personnages sert le récit, lui donnant une dimension psychologique passionnante. Et bien que l’on connaisse l’issue fatale, on ne peut s’empêcher de souhaiter jusqu’au bout une fin heureuse pour la pauvre Ruth Ellis. Le roman est aussi un formidable pamphlet contre la peine de mort et rappelle qu’elle n’a été définitivement abolie en Angleterre que quatorze ans après la pendaison de Ruth Ellis, en 1969. Elle aura été la dernière femme pendue, en 1955. Elle n’avait que vingt-huit ans. Enfin, on ne peut qu’admirer la quantité de recherches historiques effectuées pour recréer avec autant de vraisemblance les lieux et l’ambiance de cette époque.

Si vous aimez les histoires bien écrites, qui font réfléchir et ressentir, ne ratez pas La pendue de Londres !

 

La pendue de Londres, de Didier Decoin. Éditions Le Livre de Poche. 281 pages. 2014.

Une réflexion sur “ La pendue de Londres ”

Une Comete

Je viens de le finir! Bon sang que j’ai aimé ! J’ai eu comme toi beaucoup d’empathie pour Ruth, certains moments du livre sont terribles mais vraiment c’est bien … Je n’ai pas pu décrocher, j’en ai même rêvé…

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