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La saison des mangues

14 février 2015 - Romans
La saison des mangues

Radhika est une jeune indienne d’une grande beauté. Un peu avant que le pays ne soit indépendant (en 1947), son père accorde sa main à un major anglais qui s’est épris d’elle. Il l’emmène avec lui en Angleterre, où elle donne naissance à une petite fille, Anita. A la mort de cet homme, la mère et la fille repartent vivre en Inde. C’est là-bas qu’Anita rencontre François. Par amour pour lui, elle part vivre en France, où nait leur fille Mira. Mira qui se fait appeler Mari-sans-e, qui cherche sa place, son identité, parmi toutes ses origines, toutes ses cultures. Mais à l’occasion d’un voyage humanitaire en Afrique, la vie de Mira va basculer. Et Anita va devoir composer avec l’absence.

Ce roman avait tout pour me plaire : des destins de femmes, des pays lointains, l’exil… des thèmes que j’affectionne particulièrement. Hélas, la construction narrative souffre à mon sens de certains défauts. Tout d’abord, sur l’équilibre des parties. En une cinquantaine de pages, la vie de Radhika est balayée, alors que beaucoup de questions restent encore en suspens dans l’esprit du lecteur. En une vingtaine de pages seulement, c’est l’adolescence puis la vie de jeune adulte d’Anita qui est survolée. Puis arrive le portrait de Mira, à travers le regard de sa mère et d’un jeune homme, Laurent de Laurentis, partit à ses côtés en mission humanitaire. Là, le récit s’étoffe (enfin !), gagne en intensité, en poésie. De plus, on pourrait déplorer qu’ un roman relativement court comme celui-ci (172 pages) soit rempli d’autant de thèmes. L’Inde coloniale, l’Angleterre, l’Afrique, la position des femmes dans ces sociétés, les albinos, les relations interculturelles, l’humanitaire, les rites magiques, la quête de soi, la folie…. ça fait pas un peu beaucoup, non ?

En fait, je ne me suis réellement attachée à l’écriture et aux personnages que lorsque le jeune Laurent fait son entrée dans l’histoire. Soit à la page 81 : la moitié du livre ! La distance née de l’utilisation de la troisième personne du singulier – dans les parties concernant Radhika et Anita – est effacée. Un « je » plein d’émotion apparait. J’ai été touchée par ce grand garçon paumé, qui ne sait pas trop quoi faire de lui-même. Son éducation bourgeoise se trouve confrontée à un quotidien nouveau, inconnu, fait de rites qui lui paraissent étranges. Ce sont, à mes yeux, les plus belles pages du livre.

Ce premier roman a des qualités indéniables, dont de belles descriptions, une langue sensible et imagée. Mais contrairement à beaucoup de lecteurs, j’ai raté l’embarquement pour ce voyage ! Dommage…

 

La saison des mangues, de Cécile Huguenin. Éditions Héloïse d’Ormesson. 172 pages. 2015.

Livres contre critiques

4 réflexions sur “ La saison des mangues ”

Manoulivre

Il en faut pour tous les goût Virginie ^^ En tout cas merci pour ton commentaire car il m’a fait découvrir ton blog au passage ! A bientôt

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Une Comete

Une collègue m’a parlé de ce bouquin qu’elle avait envie de lire. Je ne suis pas convaincue après lecture de ton billet. Bisous et bon week-end !

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Manoulivre

En même temps, la toile est assez unanime autour de ce bouquin et crie au coup de coeur… donc je dois avoir l’esprit de contradiction ! J’ai trouvé ça tellement fouillis ! et pis je suis restée soft dans mon billet, mais j’ajouterai que le côté un peu Cendrillon de l’histoire de Radhika m’a fait hausser les sourcils plusieurs fois dans ma lecture (elle se marie toute jeune avec un méchant étranger, dont la méchante famille lui fera passer de méchantes années avant de recouvrer sa liberté et repartir dans son pays…pfffffff)

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Virginie

Pas de coup de coeur pour moi mais un bon moment de lecture ! J’ai aimé la poésie du texte ;o)

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