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Le jardinier des morts

17 juillet 2015 - Autres livres/Poésie
Le jardinier des morts

Publié en janvier 2015 aux Éditions Verdier, les douze nouvelles de ce recueil abordent la mort et la vie, la violence inhérente à celles-ci. Elles interrogent la part animale de l’humain, ses espoirs, ses regrets…

Je ne connaissais ni l’auteur, ni cette maison d’édition quand j’ai sélectionné ce livre pour le Masse Critique de Babelio. Et je dois dire que je suis plutôt contente de ce choix ! Beau papier et belle typographie, la première impression était déjà positive lorsque j’ai ouvert mon colis… et c’est un jour où j’étais plutôt contrariée, à fleur de peau, que je me suis lancée dans cette lecture. C’est peut-être (en partie) à cause de mon état d’esprit ce jour-là que j’ai tout de suite été emportée par les premières phrases du Jardinier des morts, la première nouvelle qui donne son nom au recueil. Elle est sans conteste, à mes yeux, la plus réussie et celle qui m’a le plus touché. Car elle interroge la perte des êtres aimés, le sentiment ressenti par les proches, selon qu’ils soient le parent, le conjoint ou l’enfant du défunt. Les réflexions qu’elle engendre chez le lecteur sont à la mesure des questions ou affirmations posées. Certaines phrases font sens immédiatement et l’on se surprend à acquiescer à la lecture, comme lors d’une discussion, comme lorsque l’on lit : « La mort est tragique non parce qu’elle fait souffrir mais parce qu’elle introduit dans le monde quelque chose d’irréversible. »

J’ai aimé aussi Fantômes, qui dépeint un narrateur visité par le fantôme de sa mère et de son meilleur ami ; Les voleurs, qui est l’une des plus légères et dont la chute fait fatalement sourire. Mais aussi la terrible et magnifique Je vais où ma mère m’attend. Non seulement le titre est très beau, mais ce qu’elle dit de la violence cachée des univers « de bureaux » est profondément juste et percutant. Je dois avouer avoir été assez surprise par la capacité de l’auteur à provoquer l’émotion, l’attachement à ses personnages, en quelques pages seulement. Peut-être est-ce dû aux thèmes choisis, ou à ce narrateur, qui semble chaque fois différent et identique à la fois. Un narrateur qui dit « je » et nous embarque avec lui… Peut-être est-ce dû aussi à l’écriture d’Alain Lercher, sobre et précise, descriptive sans être froide.

J’ai eu cependant l’impression qu’il était plus virtuose dans certains thèmes que dans d’autres ; la nouvelle intitulée Répérages ou celle intitulée Un roman d’apprentissage portant sur la rupture amoureuse et les « premières expériences d’écriture » m’ont laissée de marbre… Sur des sujets plus légers, j’ai pu regretter… un léger manque de consistance. Mais ce petit bémol n’entachera pas mon souvenir de cette lecture, que je vous recommande !

 

Le jardinier des morts, d’Alain Lercher. Éditions Verdier. 141 pages. 2015.

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