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Le jour avant le bonheur

11 juillet 2013 - Romans
Le jour avant le bonheur

Le narrateur est un jeune orphelin qui a tout appris du concierge de l’immeuble où il vit, à Naples. L’histoire se passe juste après la Seconde guerre mondiale.

Ses journées, il les occupe à l’école bien sûr, mais aussi à apprendre à jouer à la scopa (un jeu de cartes) à effectuer de menus travaux, et à écouter les enseignements de Don Gaetano, qui possède un don exceptionnel : entendre les pensées des gens. Il transmet à l’enfant ce qu’il sait de la vie, lui raconte son passé pour qu’il se construise un avenir. Il lui parle de la guerre, de sa ville, de l’âme humaine.

Le libraire d’occasion du quartier, don Raimondo, est aussi un passeur de savoir ; il le laisse emprunter des livres sans les lui acheter, ce qui nourrit sa culture. Et l’amour me direz-vous ? Il sera personnifié par la figure d’Anna, petite fille cachée derrière une fenêtre, puis jeune femme aux pulsions étranges et dangereuses. Que devient un amour d’enfant ? Qu’en fera notre héros, une fois l’avoir retrouvée, elle qui l’a hanté durant toute ces années ? Quel rôle décisif jouera t-elle dans son destin ? Vous le découvrirez en le lisant…

Je garde de cette lecture une impression en demie-teinte, un sentiment partagé. J’ai trouvé certains passages magnifiques, la langue d’Erri de Luca très poétique et pleine de bon sens, de sagesse, comme ici : « Tu cherches à tout prix un saint. Il n’y en a pas, pas plus que des diables. Il y a des gens qui font quelques bonnes actions et une quantité de mauvaises. Pour en faire une bonne, tous les moments se valent, mais pour en faire une mauvaise, il faut des occasions, des opportunités. La guerre est la meilleure occasion pour faire des saloperies. Elle donne la permission. En revanche, pour une bonne action, aucune permission n’est nécessaire ». Et à la fois, l’ensemble m’est apparu comme un peu brouillon, sans que je puisse vraiment l’expliquer. Il manque une certaine cohésion, qui s’explique peut-être par la volonté de l’auteur de signer un roman d’initiation, presque un conte, et non une histoire, avec un début, un milieu et une fin.

Il faut croire que, malgré les qualités indéniables de ce Jour avant le bonheur, je suis plus sensible aux histoires qu’aux contes…

 

Le jour avant le bonheur, d’Erri de Luca. Éditions Folio. 158 pages. 2010.

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