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Le mal d’Algérie

11 juillet 2013 - Romans
Le mal d’Algérie

Pascal Robert est un jeune professeur d’histoire-géo qui est turlupiné par une question demeurant sans réponse depuis des années : qu’à vécu son père lorsqu’il fut appelé en Algérie durant la guerre ?

S’est-il sali les mains, a t-il participé à des actions répréhensibles ? Et surtout, surtout, quid de la torture ? Car c’est bien cela qui l’omnubile, et va le pousser à mener une enquête pour découvrir la vérité, ou du moins en chercher des bribes. Mais il lui sera bien difficile d’en esquisser les contours, tant elle semble complexe.

L’intention du livre est louable, et les sujets abordés (la guerre d’Algérie et le travail de mémoire) m’intéressent beaucoup. C’est un roman qui se lit très bien, mais vite, trop vite. Après avoir lu La question, d’Henri Alleg, qui raconte tout de la torture dans ses moindres détails, dans son sens le plus large et le plus innommable, je trouve qu’on ne peut se contenter de si peu. Ce n’est pas le fait que ce Mal d’Algérie soit assez lisse qui m’a dérangée, mais que le héros tourne autour du sujet (tout comme l’auteur) sans réellement réussir à l’atteindre.

De plus, j’ai trouvé que la rencontre entre Pascal Robert et l’ex gradé (le militaire à la retraite) n’avait que peu d’intérêt. Ce second personnage élude en grande partie la question posée, et dérive sur d’autres conflits, dont on a moins parlé mais qui ont été tout aussi sanglants. Je n’ai pas vraiment compris quel était l’intérêt de noyer le récit de cette façon…

C’est donc un sentiment d’inachevé qui m’a saisie en reposant le livre, et c’est bien dommage. J’aurais aimé que Jacques Duquesne emmène son personnage plus loin dans sa quête, qu’il ne le laisse pas simplement aux portes de la vérité. Bien sûr, dans la vraie vie, les choses se seraient certainement passées comme dans le roman. Dans ce type d’histoires historico-familiales, on atteint rarement le but fixé : celui de connaitre les secrets les plus intimes de nos proches, de comprendre la petite comme la Grande histoire.

Mais la littérature n’est-elle pas censée permettre ce que la réalité ne peut exaucer ?

 

Le Mal d’Algérie, de Jacques Duquesne. Éditions Plon. 206 pages. 2012.

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