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Le pacte des vierges

10 décembre 2012 - Romans
Le pacte des vierges

En juin 2008, à Gloucester dans le Massachusetts, 17 adolescentes tombent enceintes en même temps. Le mystère plane : auraient-elles conclu un pacte pour élever leurs bambins ensemble ? C’est à partir de ce fait divers bien réel que Vanessa Schneider bâtit son roman.

L’auteure met en scène une écrivain française, qui rencontre quatre des filles de la bande. Lana, la meneuse, Sue, Kylie et Cindy sont tour à tour interrogée par elle. Sont passées au crible leurs motivations, leur rencontre, comment est venue l’idée de ce pacte. Aucune question n’est posée directement; on la comprend grâce à la réponse donnée par chaque fille. On découvre quatre personnalités bien différentes, la vie qu’elles mènent, et surtout leurs points communs : il y a chez chacune d’entre elles une envie farouche d’exister par elles-mêmes, en dehors de la cellule familiale, souvent éclatée d’ailleurs. Car Gloucester est une ville où la pêche a longtemps fait vivre les hommes, jusqu’à son déclin progressif. Avec ce déclin, c’est l’apparition du chômage, de la précarité. Les maris s’en vont, les mères abandonnent leurs gamins pour espérer une vie meilleure avec le premier homme venu, les foyers sociaux sont le lot des jeunes filles.

C’est dans ce contexte social difficile et contre cet éclatement de leurs repères que naissent l’amitié entre ces filles. Elles qui pensent que l’indépendance se traduit par le fait de devenir mère, de donner la vie. Mais en fait, aucune ne l’a sérieusement envisagé. Car au delà du projet fantasmé, il y a la réalité : la grossesse, le regard des autres, les réactions des parents, des garçons, les journalistes à l’affût du scoop, les assistantes sociales… Et l’on sent ces jeunes filles bien mal préparées pour affronter le monde, et surtout s’occuper de leurs enfants. Elles sont encore si jeunes, et si ignorantes de la vie d’adulte ! Elles qui pensaient que ces grossesses « groupées » les uniraient, plus l’arrivée des bébés se fait proche, et plus elles prennent conscience qu’au contraire leurs vies vont radicalement changer, et qu’elles n’auront plus ces moments d’insouciance à partager ensemble. « J’ai l’impression que plus le temps passe plus les filles tracent leur route chacune de leur côté. Et Lana le sent. Ça la stresse. Des fois je me dis qu’on n’aurait peut-être pas dû faire les bébés. On était plus proche avant. Notre priorité, c’était la bande. Aujourd’hui, chaque fille se retrouve à gérer des tonnes de problèmes ».

J’ai regretté que l’auteur n’aille pas plus loin dans la psychologie des personnages, et dans l’histoire elle même. Il y a beaucoup d’anecdotique dans ce que raconte ces quatre ados. J’imagine que c’est pour montrer au lecteur à quel point elles sont encore naïves, inconscientes ; mais j’aurais vraiment aimé en savoir plus sur leurs motivations profondes. On a un peu le sentiment qu’elles ont été manipulées par Lana, la meneuse, et n’ont fait que suivre son plan. Des pantins, victimes de ce qu’elles croyaient être un choix, alors que cela va plutôt les aliéner, leur mettre encore d’autres entraves pour s’en sortir.

 

Le pacte des vierges, de Vanessa Schneider. Éditions Stock. 2011.

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