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Le sermon sur la chute de Rome

18 avril 2013 - Romans
Le sermon sur la chute de Rome

Avec un titre pareil et ma manie de bouder les quatrièmes de couvertures, comment aurais-je pu me douter que cette histoire aurait pour cadre le bar d’un village corse ?!

Les ennuis se succèdent pour Marie-Angèle Susini, la patronne du bar local, depuis le départ d’ Hayet, sa fidèle serveuse à qui elle avait confié sa gestion depuis huit ans. Les éventuels repreneurs sont peu fiables, et l’harmonie du village en est bouleversée, jusqu’à la proposition inespérée de deux gamins du coin, Libero Pintus et Matthieu Antonetti, amis d’enfance et amoureux du « pays ». Mais l’âme humaine est sujette à tant de tentations et d’illusions, que les promesses d’avenir ne seront pas tenues, et la chute proche.

Jérôme Ferrari fait entrer en résonance le sermon de Saint-Augustin à Hippone, où il tente d’expliquer à ses fidèles que la chute de Rome n’empêchera pas la course du monde de se poursuivre. Les drames n’arrêtent pas la vie, et quand les hommes se prennent pour Dieu, ils oublient Ses enseignements. La vanité de l’existence leur reviendra comme un boomerang dans la figure, dispersant leurs rêves et les ramenant aux dures réalités.

La langue de l’auteur a beau être magnifique, et certains passages grandioses, je n’ai pourtant pu m’attacher à l’histoire ni aux personnages. Hormis les beaux portraits de femmes, comme Aurélie, la soeur de Matthieu qui part en Algérie sur les traces de Saint-Augustin, ou leur mère, j’ai trouvé les hommes de ce roman vaniteux et antipathiques. Le parrallèle entre le présent et le passé, par le biais de la figure du grand-père de Matthieu et Aurélie, m’a laissée assez dubitative. Enfin, j’espérais beaucoup plus d’un roman dont tout le monde a parlé, et qui a reçu le prestigieux Prix Goncourt.

A mes yeux, un bon roman n’est pas que l’expression d’une maitrise de la langue (et de la narration). C’est aussi – et surtout- des portraits de personnages, qui se doivent de faire écho à notre sensibilité, nous toucher, bousculer notre quotidien, provoquer une émotion. Vous l’aurez compris, je suis restée assez insensible au sermon de Jérôme Ferrari…

 

Le sermon sur la chute de Rome, de Jérôme Ferrari. Éditions Actes Sud. 202 pages.

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2 réflexions sur “ Le sermon sur la chute de Rome ”

Une Comète

Il ne me dit pas grand chose ce livre… Les avis sont très partagés…

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Manoulivre

Oui c’est vrai que j’ai entendu des avis très divers aussi… Ne serais-ce que pour la beauté de l’écriture, je pense qu’il n’est pas inutile de le lire… mais je suis une lectrice qui accorde plus d’importance au ressenti qu’aux performances littéraires, donc pour moi la « mayonnaise » n’a pas pris!

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