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L’échange des princesses

23 mars 2015 - Romans
L’échange des princesses

1722. Deux princesses, l’une de France et l’autre d’Espagne, sont « échangées » sur une île de la Bidassoa. Anna Maria Victoria, l’infante espagnole, quatre ans, doit être fiancée au jeune Louis XV âgé de onze ans. Mademoiselle de Montpensier, fille du Régent, douze ans, doit quant à elle épouser le prince des Asturies âgé de quatorze ans, héritier du trône d’Espagne…

Ce fait historique réel est la toile de fond du roman. C’est le Régent, Philippe d’Orléans, qui est à l’origine de l’échange. Son objectif : éviter une nouvelle guerre avec l’Espagne et « retarder au maximum l’époque où le petit roi Louis XV pourrait donner naissance à un dauphin de France« . En choisissant pour le roi une épouse de quatre ans, il s’assure de garder le pouvoir encore de longues années. Il ne faut pas oublier à quoi servaient ces alliances : à unir des familles royales pour des questions politiques et territoriales. Nulle part d’amour ou de sentiments là-dedans. Malheureusement, pour les deux demoiselles (et le Régent), le plan prévu va échouer. L’infante attendra désespérément une manifestation d’amour de Louis XV qui ne viendra jamais. Du haut de ses onze ans, le petit Roi n’a cure d’une enfant de quatre, dont la gaieté et les enfantillages l’exaspèrent. Quant à Mademoiselle de Montpensier, la dureté de la Cour espagnole la poussera aux confins de la folie…

J’avais envie d’une lecture divertissante pour mes vacances, différente de ce que je lis habituellement. Ce fut une véritable immersion dans un XVIIe siècle remplit d’intrigues de Cour et de cynisme. Les personnages font l’objet de descriptions très précises, et les deux princesses deviennent de plus en plus familières au fil du récit, tant l’auteure dissèque leur attitude, leurs lettres, leurs pensées. L’infante, ce petit ange, innocente et pleine de vivacité, m’a vraiment touchée. Difficile d’imaginer ce qui pouvait se passer dans cette petite tête royale, si jeune, si fragile ! Pourtant, Chantal Thomas la fait vivre sous sa plume, elle et les autres, Saint-Simon, Madame (La Palatine, terriblement émouvante de lucidité et de sagesse), le Régent ou encore le couple royal espagnol. Un seul petit bémol peut-être : l’auteure s’appuie sur de nombreuses lettres, la plupart inédite car conservées à Madrid, pour écrire son histoire ; mais fallait-il en citer autant ? J’ai trouvé ces passages un peu trop nombreux et indigestes ; à choisir, j’aurais préféré qu’on me les raconte (quand c’est bien fait, pourquoi s’en priver ?!). Enfin, je m’interroge : pourquoi consacrer moins de place dans le récit à Mademoiselle de Montpensier qu’à Anna Maria Victoria ? J’imagine à cause du manque de source ? Cette demoiselle n’ayant pas franchement été en odeur de sainteté auprès de sa « nouvelle » famille… C’est un peu dommage, car j’aurais aimé mieux connaître cette ado tête à claque, mal dans sa peau et ayant le feu au c** (oui oui, rien que ça !).

Hormis ces deux petites restrictions, j’ai passé un agréable moment en lisant L’échange des princesses. Si vous souhaitez briller en société en étalant vos connaissances, réfléchir sur les mariages arrangés ou tout simplement lire un roman historique de qualité, bien documenté et bien écrit… ce livre est fait pour vous !

 

L’échange des princesses, de Chantal Thomas. Éditions Seuil. 334 pages. 2013.

4 réflexions sur “ L’échange des princesses ”

Kidae

J’ai abandonné l’écoute, je ne supportais pas la voix de la lectrice ! Je l’emprunterai en papier à la médiathèque un de ces jours !

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Une Comete

j’ai beaucoup aimé ce livre, moi qui suis peu portée sur les romans historiques, j’y ai trouvé mon compte

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Manoulivre

Oui, la lecture est fluide et sympathique !

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Kidae

Il est dans ma liste à lire suite à un conseil. Je vois que j’ai bien fait de le noter .

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