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Les arbres ne montent pas jusqu’au ciel

17 février 2013 - Romans
Les arbres ne montent pas jusqu’au ciel

« Jeudi 3 septembre : Simon entre en maternelle et Yann me quitte (Tu ne peux pas nous quitter comme ça, ai-je hurlé. Je ne vous quitte pas, je te quitte) ».

Yaël Koppman est économiste, a quarante et un an, un petit garçon de trois ans, et vient brutalement de se faire plaquer par Yann, son compagnon. C’est son chemin vers l’apaisement, l’acceptation de sa séparation que nous allons suivre. La narratrice s’interroge sur ce qu’est la quarantaine pour une femme. Le désir, la séduction, le couple, la maternité sont des sujets balayés par le roman. Les différentes phases de sa réflexion sont très bien servies par la construction narrative en forme de journal intime. De cette façon, jours après jours et saisons après saisons (le roman est découpé en chapitres : automne, hiver, printemps, été, automne) nous accompagnons l’héroïne. La galerie de personnages « secondaires » est assez attachante ; Clara, la cousine adorée à qui l’on découvre une éventuelle tumeur au sein, Olga la petite voisine et sa mère, les amis de Yaël qui veulent lui faire rencontrer des hommes… Les différentes phases de la rupture sont très bien relatées ; l’abattement, puis la colère, la jalousie (son ex-compagnon est parti pour une jolie prof de danse), les difficultés de la garde alternée, la réappropriation de son corps, le désir cherché puis retrouvé, la sérénité enfin.

Ce roman réunissait donc un certain nombre de qualités pour m’enchanter. Mais plusieurs éléments m’ont contrariée à sa lecture. D’abord, l’impression d’avoir loupé des chapitres. Les réponses se trouveraient-elles dans un des précédents ouvrages de Marianne Rubinstein, le Journal de Yaël Koppman ? On comprend que certaines choses (la relation de Yaël à sa mère, entre autres) ont été évoquées dans un livre antérieur, mais quand on ne l’a pas lu (ce qui est mon cas), la sensation est dérangeante. Ensuite, les copies de nombreuses citations. La narratrice est économiste, nous l’avons dit mais a beaucoup de temps libre, grâce à son poste de chercheuse-enseignante à l’université. Durant ses moments de liberté donc, quand elle ne travaille pas et qu’elle n’ a pas son fils avec elle, elle se nourrit de littérature. Virginia Woolf, Barthes, Tolstoï et j’en passe. Le personnage central doute de ses capacités à écrire ; l’auteur douterait-elle tout autant pour se détourner de son histoire toutes les cinq pages et remplir son texte par les mots des autres ? Exemple particulièrement agaçant : quand elle relate sur trois pages le diaporama sur l’histoire de la fourmi heureuse et productive. Personnellement, je le connaissais, des collègues de bureau me l’ayant envoyé par mail. A mes yeux ce n’est pas de la littérature. Y a-t-il là un manque cruel d’inspiration? Je ne sais pas, mais j’en ai été déçue.

Pour résumer : un roman avec des qualités, dont celle de poser de manière juste les questions des femmes aux abords de la quarantaine. Cependant, une fâcheuse propension à recopier à torts et à travers les textes des autre, procédé qui m’a profondément ennuyée et fait perdre de l’intensité à l’histoire.

 

Les arbres ne montent pas jusqu’au ciel, de Marianne Rubinstein. Éditions Albin Michel. 197 pages. 2012.

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