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Les fidélités

6 janvier 2015 - Romans
Les fidélités

Depuis un an le narrateur, un homme de 54 ans marié et père de famille, trompe sa femme avec une autre. Une jeune femme qui a vingt-trois ans de moins que lui. Quelques heures avant de partir à New York fêter Noël en famille, il s’isole pour réfléchir et prendre une décision. Doit-il quitter sa femme, ou sa maitresse ?

Le roman s’ouvre sur une confession. Parce qu’il a peur de vieillir, notre héros n’a rien fait pour empêcher que sa rencontre avec une jolie jeune femme ne débouche sur une relation adultérine. Alix est belle, elle incarne la jeunesse, le désir. Son corps ne porte pas les stigmates de l’âge. Elle est une promesse à elle toute seule. Cet homme qui parle à la première personne, nous n’en connaitrons pas le nom, ni celui de sa femme ou de sa fille ; Alix est le seul personnage doté d’un prénom. Tout au long du récit, il dresse l’inventaire de sa liaison. Sans respect d’un quelconque ordre chronologique, mais au fil de ses pensées. Il s’interroge, se questionne. Sur ces certitudes comme sur ses doutes. S’il quittait sa femme, comment lui annoncer ? S’il se mettait en couple avec Alix, leur relation marcherait-elle ? Et pour combien de temps ? Il imagine des scénarios ; quelle serait, par exemple, sa réaction si sa fille lui annonçait qu’elle était amoureuse d’un homme plus âgé qu’elle et marié de surcroît ?

J’ai rencontré Diane Brasseur à l’occasion d’un festival de littérature à la Garenne-Colombes. C’est une jeune femme très chaleureuse et enthousiaste ; je m’étais promis de lire son roman après nos sympathiques échanges. Les fidélités se lit rapidement, c’est un petit roman de 174 pages (je n’en ai fait qu’une bouchée…) J’ai aimé son écriture, la « confession » de cet homme sur lequel elle ne porte aucun jugement (je déteste les romanciers manichéens, qui orientent sciemment l’opinion du lecteur). J’ai été agréablement surprise de sa justesse de ton ; ce qu’elle fait dire à cet homme marié est crédible et souvent touchant. J’ai aimé la franchise, la simplicité de ce personnage quand il évoque à la fois l’amour et le respect qu’il a pour sa femme et les sentiments fiévreux qui l’animent envers sa maitresse. Le titre s’intitule Les fidélités, ce n’est pas pour rien ! On peut se sentir fidèle à différentes personnes, tout en sachant qu’on les trompe, non ? Enfin, s’il est (aussi) question de sexe dans ce roman, j’ai trouvé le traitement de ces scènes descriptives plutôt bien fait. L’auteure appelle un chat un chat, ne s’embarrasse pas de fausse pudeur, c’est un peu cru, mais rien n’est écrit pour choquer volontairement.

Dans l’ensemble, c’est un premier roman assez équilibré, bien construit. Cependant, si je dois être totalement honnête, je dois admettre que la fin m’a un peu laissée…sur ma faim justement. J’aurais aimé une chute plus tranchée, plus partisane. C’est une légère frustration, plus qu’une réelle déception. Mais je ne manquerais pas de guetter le prochain roman de Diane Brasseur qui, j’en suis sûre, devrais confirmer ce qu’on pressent déjà dans ce premier opus.

 

Les fidélités, de Diane Brasseur. Éditions Allary. 174 pages. 2014.

2 réflexions sur “ Les fidélités ”

Une Comete

J’ai trouvé ce roman très juste et très beau…

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Une Comete

J’ai trouvé ce roman très juste et très beau…

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