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Les miroirs de l’esprit

5 mai 2013 - Romans
Les miroirs de l’esprit

Jack et Annie Weller sont trentenaires et vivent à Los Angeles, tout près de Hollywood. Il est metteur en scène, elle est actrice ; mais la gloire ne semble pas vouloir pointer le bout de son nez. Pendant que Jack dirige une émission de télévision pour enfants, Annie se morfond chez eux des journées entières, attendant un coup de téléphone miracle de son agent. Quand il daigne sonner, ce n’est malheureusement pas pour lui annoncer qu’elle a décroché le premier rôle d’un long métrage au casting prestigieux, mais – au mieux – pour lui proposer de tourner dans une publicité.

Un soir, un de leurs amis leur fait découvrir le Club des Célébrités du Transformationalisme, une secte dirigée par John B. Steinhardt, anciennement écrivain de science-fiction. Si Jack prend tout cela à la légère et voit en cet endroit un lieu de potentielles rencontres professionnelles, Annie elle, va se mettre à s’intéresser de près à la philosophie de la secte et plonger derechef en plein dedans. Sa vie ne la satisfait plus, et elle se cogne à des rêves qui ne se réalisent pas. Mais si elle s’engouffre si vite dans la brèche, c’est aussi parce que son couple va mal et que les deux héros sont trop portés sur eux-mêmes pour s’en préoccuper. Quand Jack, débordé par son travail et éreinté par ses espoirs déçus, s’en rendra compte, Annie sera déjà partie rejoindre les rangs transformationalistes, conformément à une « directive de vie » qu’on lui impose. Il n’a alors que deux choix possibles : la rejoindre, ou la perdre. « Chevauchant le changement« , selon un des préceptes fondateurs de l’organisation, il va y pénétrer afin de récupérer sa femme. Mais il faudra déjouer bien des pièges pour simplement approcher la secte et beaucoup d’autres armes pour laisser croire à sa conversion. Découvrant un univers tentaculaire, déstabilisant et surtout dangereux, va t-il réussir à garder son âme, résister au lavage de cerveau méthodiquement mis en place par le mouvement ? Jusqu’où sera t-il prêt à aller pour la récupérer ?

Je n’avais jamais lu de science-fiction auparavant. Cette première fois fut assez agréable, malgré l’aspect rebutant qu’un pavé de presque 600 pages peut avoir sur moi. Je l’ai donc lu avec plaisir, partageant les angoisses de Jack, m’énervant contre ces agiteurs de chimères que sont les apprentis sorciers des sectes, éructant contre ces malheureux qui se laissent entrainer dans ces délires fous. Si le texte souffre parfois de quelques longueurs, de certaines répétitions, il n’en demeure pas moins haletant, plongeant son lecteur dans une frénésie, une envie pressante d’avancer dans la lecture. Pour connaitre la suite, puis la fin; pour entrevoir le dénouement de la lutte acharnée d’un seul homme contre une énorme puissance aux rouages implacables.

La critique est virulente, et n’oublions pas que malgré le caractère romanesque de cette histoire, les sectes existent réellement et ont – malheureusement – de nombreux adeptes (ou victimes, selon le point de vue…). Mais c’est aussi un réquisitoire contre le monde actuel qui fait de chacun un candidat au succès dans la grande marche vers Hollywood, c’est un reflet de l’effrayant miroir aux alouettes qu’est le monde du showbiz qui est peint ici. J’ai cependant un peu regretté le côté « brouillon » du dogme transformationaliste, tel que Norman Spinrad l’a inventé. On ne comprend pas bien quel est le but final de cette « philosophie », l’auteur insistant plus sur les mécanismes d’enrôlement et sur l’architecture de l’organisation, que sur le fond. J’ai trouvé dommage que certaines questions restent en suspens. Mais cela ne m’a pas ôté le plaisir que j’ai eu à découvrir ce roman. Et je relirais de la science-fiction, c’est certain !

 

Les miroirs de l’esprit, de Norman Spinrad. Éditions Gallimard. Collection Folio. 596 pages. 2002.

Une réflexion sur “ Les miroirs de l’esprit ”

jean

hum! merci ca m’a titillé!
pour mes 3semaines en aout ca sera distrayant!

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