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L’hypothèse des saisons

18 juin 2013 - Romans
L’hypothèse des saisons

Un homme et une femme sont dans un bar. Elle vient de vivre une rupture amoureuse, il est là pour l’écouter. Quand un autre homme rentre, les remarque, s’assoit non loin d’eux. Il tend l’oreille plusieurs soirs durant, avant d’oser leur parler ; c’est « le troisième », qui ajoute sa peine à leurs conversations, lui aussi venant de se séparer.

Aucun n’a de prénom, les deux garçons sont simplement baptisés Jules et Jim par la femme. Ils se retrouvent chaque jour, parlent, pleurent, ne disent rien parfois. Dans leur reconstruction, leur manière d’apprivoiser l’avenir, il y a en chacun un désir, qui n’est pas destiné à celui ou celle qui leur rendra. Et les saisons passeront, comme le temps, sur leurs blessures.

Si le début du roman nous prend par la main, nous emmène tout près de ces personnages perdus dans leur chagrin, on s’en éloigne malheureusement très vite, trop vite. Les premières phrases m’ont vraiment plu, j’ai été happée par cette écriture simple et poétique. Mais plus j’ai avancé dans ma lecture, et plus j’ai eu le sentiment (désagréable) que l’auteur se regardait écrire, comme d’autres s’écoutent parler. L’histoire patine, les personnages ne se sortent pas de leur névrose, reviennent sans cesse à leur nombril, à leur souffrance d’un amour passé qui n’a plus lieu d’être, et d’un amour futur déjà avorté, déjà mort avant d’avoir commencé.

Je déplore souvent le manque de consistance des romans courts, qui me laissent une impression de bâclé, car ils auraient mérité une exploration plus poussée. Ici, il me semble que c’est l’exact inverse. Nathalie Nohant est tombée dans l’écueil d’avoir voulu en faire trop, et la qualité ne suit pas tout au long des 245 pages… Car il ne se passe pas grand-chose dans cette Hypothèse des saisons, au titre pourtant prometteur, aux premières lignes envoûtantes ; comme une promesse qu’on ne tient pas. C’est dommage, car il y avait quelque chose, un rien indéfinissable, qui aurait pu faire basculer ce livre dans la catégorie des « bons » romans. Certaines phrases font sens et retiennent votre attention, mais l’ensemble est trop bancal, trop inégal. Je me suis ennuyée, malgré toute l’attention dont j’ai essayé de faire preuve. Je n’ai pas réussi à m’attacher aux personnages, à avoir envie de les comprendre, car l’écriture est presque trop travaillée, un peu surfaite, et mets une distance entre le lecteur et les héros.

J’espère que le second roman de Nathalie Nohant tiendra la promesse qu’elle esquissait ici, quitte à ce qu’il soit plus court, mais ne me lâche pas en chemin….

 

L’hypothèse des saisons, de Nathalie Nohant. Éditions Le Passage. 247 pages. 2013.

Je tiens à remercier Babelio pour l’envoi de ce livre, dans le cadre de l’opération Masse Critique, et tout particulièrement l’éditeur, Le Passage, qui a eu la délicatesse d’accompagner son envoi du roman d’une petite lettre (type, mais ça fait quand même très plaisir) et du catalogue de ses parutions, que je me suis fait un plaisir de lire avec attention.

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