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Nashville/Paris : Ma rencontre avec Douglas Kennedy

10 octobre 2013 - Festivals et Rencontres
Nashville/Paris : Ma rencontre avec Douglas Kennedy

Lundi 7 octobre, 17h30, consultation pour la trente-troisième fois de la journée de mon fil d’actualité Facebook. Mais que vois-je ? Un livre un jour (la page de l’émission) informe de la diffusion du film Nashville au Louxor le lendemain, avec en prime une rencontre avec Douglas Kennedy.

Le temps que l’information parvienne jusqu’à mon cerveau, traverse la partie zen et aille se fourrer dans la case « hystérie totale », je suis à moitié possédée, envoûtée, évanouie… « Douglas Kennedy ? DOUGLAS KENNEDY ? Nan mais Allô quoi !!!!!! Même ceux qui connaissent rien aux bouquins i’ connaissent Douglas quoi !  » (avec la voix de blonde) Évidemment, je prend ma place (9€ quand même, glurps), proposant au passage à ma fidèle amie Anaïs de m’y accompagner -des fois que je fasse une syncope due à l’émotion (qui sait ?).

Le jour dit, je suis sur mon 31…en dessous de 0. Un gros bouton d’acné au milieu du front en mode « cyclope », les cheveux sales (pas eu le temps de les laver) et pas du tout, mais alors pas du tout stressée (enfin, peut-être juste un peu) La séance commence à 20h, mais nous avons convenu de nous retrouver avant. A 19h29, je suis parée à dégainer. Je vais donc voir un jeune homme de l’accueil du cinéma, lui explique que je suis blogueuse, si je peux prendre des photos durant la rencontre, blablabla… et il me répond : « vous voulez rencontrer Douglas Kennedy maintenant ? » Moi : « euh…euh….euh… ben oui pourquoi pas…euh… je peux ? » Je pense que j’ai dû avoir la tronche d’une gamine de 4 ans à qui ont propose d’aller parler à Mat Pokora au Père Noël en personne…

Sauf que, pauvre naïve que je suis ! Je m’attendais à trouver le Père Kennedy dans une loge, un salon privé, en compagnie seulement de son agent ou un proche… et en fait, au 3e étage, là où le jeune homme m’a indiqué que nous pouvions monter… ce n’était que le bar du Louxor ! Grosse déception. Je repère l’auteur assez rapidement, mais évidemment je ne suis pas la seule à vouloir lui parler, ce serait trop simple. Allez ma fifille, on prend sur soi, on garde un grand sourire sur son visage, et on attend son tour comme tout l’ monde !

Je finis donc discrètement de me réduire en poudre à trois mètres de lui, pendant qu’une mamie lui tient la jambe en anglais. Puis je m’avance, en captant son attention par un ridicule « Monsieur Kennedyyy ??? » à moitié étranglé et lui serre la main (ouuuuuaaaaaouuuuh je lui ai serré la main !!!!!!!!!). Je me présente, lui dis que j’ai adoré ses livres Piège nuptial et L’homme qui voulait vivre sa vie, j’oublie Les charmes discrets de la vie conjugale, en bref je lui parle de bouquins qui sont parus il y a 15 ans… Mais passons, je lui montre sur mon iphone la PREUVE formelle que j’ai écrit un article sur Piège nuptial sur mon blog, il s’en fout certainement, mais comme il est américain et très poli, très rôdé aux exercices des bains de fans, il me fait un grand sourire et en cinq minutes à peine l’affaire est pliée, il nous invite à aller nous servir une coupe de champagne à l’intérieur et s’éclipse. Je suis toute chamboulée et même si j’ai bien conscience que l’attitude d’un auteur dont les romans sont traduits en 18 langues et en a vendu des milliers voire des millions n’est pas celle des jeunes primo-romanciers français que j’ai pu rencontrer jusqu’à présent, je suis un chouia déçue de ne pas avoir pu lui parler plus longtemps… et en même temps ça m’a suffit, parce que c’est Douglas Kennedy nan mais Allô quoi !

90699772_pAvant de rentrer dans la salle, je lui demande si j’ai son autorisation pour prendre des photos ; il me demande si je préfère en prendre une maintenant, à l’extérieur, je dis oui, je suis ravie, c’est la teuf absolue dans ma ptite cervelle… Il se prête très gentiment à la pose et mon superbe appareil photo qui m’a coûté les yeux de la tête se dit que ce serait bien, à ce moment précis, de refuser de marcher… Je suis donc obligée d’emprunter fissa le smartphone d’Anaïs alors que je me la pète avec du matos de pro avant que Douguy ne s’impatiente. J’arrive enfin à prendre mes quelques photos, le remercie chaleureusement et file. Rentrée à l’intérieur, je squatte direct le troisième rang, tandis que l’auteur s’assoit sur le rebord de la scène avec un monsieur du cinéma dont j’oublie de prendre le nom… (désolé monsieur si vous tombez sur cet article).

En tout et pour tout, son intervention aura duré environ 13 minutes (trop court, quel dommage !) Il a commencé son petit discours d’introduction en rendant un hommage à Patrick Chereau (décédé la veille). Puis nous a dit à quel point il avait été « scotché » par Nashville, la première fois où il l’a vu à New York. « Le truc avec Altman, c’est qu’il changeait le cinéma américain (…) sous le vernis c’était une critique féroce des États-Unis » Pour lui, Nashville est une ville passionnante, car c’est une ville très catholique du Tennessee ; un savoureux mélange entre un état très conservateur, le business de la country, beaucoup d’ambitions et d’échecs, « comme (à) Hollywood ». Il décrit le scénario comme « vraiment extraordinaire, une frasque du monde, de la vie américaine ». Autre aspect du film ; « une grande improvisation ». Altman changeait sans cesse le scénario, il y a eu 10 semaines de tournage. « A Nashville, tout le monde a détesté ».

Il nous parle aussi de son pays, les États-Unis ; dans un contexte où l’on prédisait que de nombreux lauréats du Prix Nobel seraient américains ; « franchement chez moi c’est un pays brillant et ignorant, ouvert et très fermé, intellectuel et très non intellectuel ». Mais en même temps il a lu un sondage il y a peu dans le New York Times qui rapporte que 80% des américains croient aux anges… rires dans la salle. C’est donc un des aspects aussi du film Nashville : « la guerre culturelle (…) Ce film a posé la question : quelle est la vraie Amérique ? » ainsi que le thème de la violence, qui est « un aspect de notre culture » (je cite). Douglas Kennedy a rencontré Robert Altman, le réalisateur de Nashville, quand il était journaliste. « C’était un homme très difficile ».

Quand on lui pose la question de l’adaptation cinématographique de ses propres livres, il répond que « Honnêtement, pour un écrivain le cinéma, c’est comme le casino. Je n’ai jamais pensé aux adaptations (…) Quand on vend des droits de romans c’est comme si on vendait son bébé ». Pour rappel, en 1997 était sorti Bienvenue à Woop Woop, adapté de son premier roman, Cul de sac (rebaptisé récemment Piège nuptial), en 2010 L’homme qui voulait vivre sa vie et enfin en 2011, La femme du Ve.

Et le film alors ? Ce fut une superbe surprise, j’ai beaucoup aimé et surtout j’ai beaucoup ri ! Je vous le conseille, c’est très « daté » mais justement, je trouve que cela lui donne un charme fou.

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En résumé, ce fut une magnifique soirée. Je suis repartie avec des étoiles pleins les mirettes, et bien décidée à lire des livres plus récents de Monsieur Kennedy. Et vous ? Fans ou pas… ?

PS : Douglas Kennedy parle français, et heureusement, parce que mon anglais laisse franchement à désirer…

2 réflexions sur “ Nashville/Paris : Ma rencontre avec Douglas Kennedy ”

Une Comete

Pas fan mais ton billet est superbe ! Quelle soirée! Merci du partage

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Manoulivre

Rrrrrro ça c’est un commentaire super sympa !!! Encore, encore !

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