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Pas ce soir, je dîne avec mon père

9 janvier 2013 - Romans
Pas ce soir, je dîne avec mon père

Big a 30 ans, un père de 55 ans, assez encombrant, un fiancé né jour le même jour, le même mois et la même année que son père, et un amant qu’elle fait littéralement tourner en bourrique. Mais le principal homme de sa vie (et du roman) c’est son père ; qui lui raconte ses aventures, partage sa sexualité avec elle, ne fait preuve d’aucune pudeur… Un père-copain plus qu’un père « classique ». Un père qui lui présente sa petite amie d’à peine 18 ans le soir de son anniversaire.

Marion Ruggieri, journaliste pour Elle, France Inter et France Info, signe ici son premier roman. Très sincèrement, je suis assez méfiante vis à vis des journalistes qui « jouent » aux écrivains (souvenir traumatisant de lecture avec une autre journaliste de Elle que je ne citerai pas, tant sa production était nullissime). Mais ne le sachant pas à l’achat du livre, je n’ai donc pas été influencée par mon habituelle appréhension. De plus, le sujet me tentait : l’histoire d’une fille dont le père ne veut pas vieillir. Le sujet choisi par Marion Ruggieri est intéressant. Elle aborde des thèmes qui sont dans l’air du temps : les vieux qui refusent le temps qui passe, les trentenaires qui jouent aux ados, la dictature de la maternité pour les femmes à partir de trente ans, le choix d’un compagnon, la référence au père, la construction de soi par rapport à ses parents. Loin de se prétendre une oeuvre sociologique (l’ensemble n’est pas prétentieux) on est pourtant bien dans les années 2000 et ses travers. L’auteur ne tombe pas non plus, me semble t-il, dans un déballage personnel de questions existentielles. L’ensemble a donc plutôt bon fond. Par contre, ce qui est peu moins pertinent, c’est la forme. Beaucoup de souvenirs de l’enfance de la narratrice viennent à mon goût parasiter le fil du récit. Les allers-retours entre passé et présent sont perturbants. On comprend bien qu’elle essaye, en nous montrant l’enfance de Big, d’éclairer son présent, sa relation aux hommes et à son père, mais cela n’est pas toujours probant.

Un premier roman prometteur donc, qui ne laissera pas forcément une trace indélébile dans ma mémoire, mais qui offre des pistes de réflexion pertinentes sur la société actuelle. Je lirais certainement son second roman, en l’espérant plus abouti et structuré que son premier essai….

 

Pas ce soir, je dîne avec mon père, de Marion Ruggieri. Éditions Grasset. 218 pages. 2008.

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