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Poésie du XVIe siècle…

2 décembre 2013 - Autres livres/Poésie

Pour mes cours, je commence actuellement l’étude de l’histoire littéraire du XVIe siècle. L’occasion de vous faire partager un poème de Louise Labé. Née en 1526, morte en 1565, elle était la fille d’un riche marchand lyonnais. Menant dès l’adolescence une vie tumultueuse, elle se maria vers 1550 avec un cordier de Lyon. Connue dès lors sous le nom de « la Belle Cordière » elle ressembla autour d’elle de beaux esprits tels Maurice Scève. Son œuvre littéraire se compose principalement de 24 sonnets (dont un en italien) et de 3 Élégies. Ses textes évoquent avec ardeur les joies et les peines de l’amour. Publiée en 1555, au moment où Ronsard est devenu le grand poète de l’amour, son œuvre devra attendre plusieurs siècles pour obtenir la considération qu’elle mérite. A propos de ce poème en particulier (si je peux oser un conseil) : ne vous laissez pas rebuter par quelques termes que l’on emploie plus aujourd’hui, mais laissez-vous plutôt porter par la musicalité des mots…

Je vis, je meurs : je me brûle et me noie.
J’ai chaud extrême en endurant froidure :
La vie m’est et trop molle et trop dure.
J’ai de grands ennuis entremêlés de joie :

Tout à coup je ris et je larmoie,
Et en plaisir maint grief tourment j’endure :
Mon bien s’en va, et à jamais il dure :
Tout à coup je sèche et je verdoie.

Ainsi Amour inconstamment me mène :
Et quand je pense avoir plus de douleur,
Sans y penser je me trouve hors de peine.

Puis quand je crois ma joie être certaine,
Et être au haut de mon désiré heur,
Il me remet en mon premier malheur.

 

Sonnets VII

Bibliographie et poème extraits de Poésie française (sélection Reader’s Digest)

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