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Ce qu’il advint du sauvage blanc

13 août 2016 - Romans
Ce qu’il advint du sauvage blanc

En 1843, Narcisse Pelletier est un matelot de dix-huit ans, qui navigue sur la goélette Saint-Paul. Lors d’une escale sur une plage australienne pour aller chercher de l’eau, il s’éloigne du groupe puis découvre avec effroi que l’équipage n’a pas attendu son retour. Le bateau est reparti, le laissant abandonné sur une terre hostile…

Durant ses premières heures sur l’île, le jeune homme se pose de nombreuses questions. Tous les sentiments le traversent, de la colère à la peur, en passant par le désarroi le plus complet ou l’optimisme forcené. Il attend le retour de ses camarades ; comment pourraient-ils ne pas revenir le chercher ? Après plusieurs jours sans manger, livré à lui-même, il est soigné par une vieille femme « sauvage ». Une fois guéri, il découvre l’existence d’une tribu, d’une communauté entière, avec hommes, femmes et enfants. Il est en quelque sorte intégré à cette dernière, dans une relative indifférence. Dix-huit années passeront ainsi, avant que des marins anglais accostés sur l’île ne remarquent cet homme blanc évoluant au milieu des sauvages et ne l’emmènent sur leur bateau, le ramenant à Sydney. Pris en charge pour le gouverneur de la ville, il est confié à Octave de Vallombrun, un homme passionné de géographie. Patient, curieux et extrêmement tolérant envers Narcisse, il devient son protecteur, le ramène en France et tente de comprendre ce qu’il a vécu. Peu à peu, l’homme de science essaye de redonner sa véritable identité au « sauvage blanc » qu’il est devenu.

Chaque chapitre alterne le récit de ce qu’à vécu Narcisse sur l’île et des observations d’Octave. Le procédé narratif fonctionne parfaitement, créant un écho constant qui retient l’attention du lecteur tout au long du livre. Il y avait bien longtemps que je n’avais pas lu un roman qui ne se passe pas au XXème siècle et je dois dire que cela m’a beaucoup dépaysé ! Parfois, lorsque des romanciers contemporains tentent d’écrire comme des auteurs du XIXème siècle, le résultat est surfait, la magie « ne prend pas ». Ici, on comprend pourquoi ce roman s’est vu attribuer le Goncourt du premier roman en 2012 ; l’illusion est parfaite, on est totalement transporté à l’époque des personnages. Récit d’un incroyable destin, Ce qu’il advint du sauvage blanc donne à réfléchir à de nombreuses thématiques, comme l’intégration, la curiosité de l’autre, la gestion des traumatismes, tout en divertissant, tant par l’aspect romanesque de l’histoire que par la verve de Narcisse et les situations cocasses qu’il provoque.

Vous l’aurez compris, j’ai passé un excellent moment en compagnie de ce sauvage blanc. Je vous le recommande vivement et remercie au passage la personne qui m’a offert ce livre !

 

Ce qu’il advint du sauvage blanc, de François Garde. Éditions Folio. 381 pages. 2013.

« En réfléchissant à cet incident, je comprends que Narcisse est comme un message écrit d’un doigt sur la buée d’une vitre. La buée s’efface, le message se perd, irrémédiablement. Il me faut donc recueillir tout ce que j’apprends et qui va disparaitre. Plus les jours passent, moins Narcisse sera sincère -bien malgré lui. Le chimiste peut refaire cent fois la même expérience pour la valider. Le voyage de Narcisse vers notre monde n’aura lieu qu’une fois et dans un seul sens. J’en serai le scribe. »

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