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La raison de mon absence…

22 juillet 2017 - Blablabla

Je n’ai pas publié d’article depuis septembre 2016. Avec beaucoup de retard, je vais vous expliquer pourquoi.

La raison de mon absence s’appelle Elio. C’est un petit soleil qui a bouleversé notre vie le 2 février 2017. Mon fils. Mon amour, qui accapare tout mon temps, toutes mes pensées. Dix ans qu’il était dans ma tête, dans mon cœur et voilà qu’il est enfin là, plus beau encore que dans mes rêves.

Lorsque j’étais enceinte, je me suis souvent posée la question d’annoncer cet heureux évènement sur le blog. Et puis quelque chose me retenait, une sorte de pudeur superstitieuse. Comme si clamer son bonheur pouvait nous le faire perdre. Alors je n’ai rien dit, et j’ai continué à écrire quelques articles. Puis la fin de la grossesse a été une période où je réfléchissais énormément – à ce bébé, à mon couple, à l’avenir… Toutes ces questions que toutes les futures mères se posent, j’imagine. J’ai été totalement incapable de lire. Moi qui pensait que j’allais mettre ce temps à profit pour avaler des centaines de pages ! Que nenni ! Et puis il est arrivé. Penser à soi est devenu encore plus incongru, avec ce petit être qui sollicitait toute mon attention, mon entière disponibilité. Mais lire ne me manquait pas, oh que non. J’apprenais à lire mon enfant, à le déchiffrer, à le comprendre et c’était bien plus important.

À ses trois mois, j’ai dû reprendre le travail. Je n’aurais jamais cru que cela serait si difficile. Qui prévient les jeunes mères de cette immense tristesse qui les attend, si vite après les émotions de la naissance ? Qui leur dit combien il est difficile de laisser son enfant 10h30 par jour à une nourrice ou à la crèche, quand on a pas la chance de reprendre à temps partiel ? Qui nous prévient que nous n’arriverons pas, pour la plupart, à nous défaire de ce sentiment de passer à côté de moments essentiels ?

C’est avec cette boule au ventre chaque matin en partant travailler que l’envie de lire est revenue. Les livres ont toujours été mon refuge, mon espace de liberté où me blottir, ma consolation face à un quotidien trop pâlot. Depuis deux mois, ils donnent en plus un sens à cette course continue contre la montre que sont devenues mes journées. Car je courre pour attraper le bus, puis le train, puis un autre bus, le matin comme le soir. Mais dès que j’ai trouvé une place assise, je peux enfin rejoindre les personnages là où je les ai laissés, et durant ce temps court mais précieux, je ne pense pas au temps passé sans mon fils. Je continue à m’enrichir, à lutter contre le vide intellectuel, à m’élever au-dessus des discussions de comptoir. Une fois arrivée au bureau, je sais que si le travail me pèse trop à un moment donné, je peux attraper mon roman, aller prendre un café et arracher ainsi à l’Entreprise dix minutes de liberté. Liberté de penser, de rêver, de s’évader. Hors des murs du bureau, hors du bruit de la ville.

Et quand je rentre le soir, épuisée par l’intensité de ma journée malgré l’inanité des tâches que j’effectue, je sais que je ne me suis pas totalement perdue. J’ai gardé une part de moi-même farouchement libre, qu’aucun « N+1 » ne pourra jamais dompter. Je regarde mon fils et je pense, en le serrant fort contre moi, à toutes les belles histoires que je pourrais lui lire, dans quelques années.

 

A très vite.

2 réflexions sur “ La raison de mon absence… ”

Une Comète

Magnifique billet qui m’émeut beaucoup … bon retour ! Je t’embrasse jolie maman

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Manou

Merci mdame, ça me touche !

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