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Trois jours à Oran

27 janvier 2015 - Romans
Trois jours à Oran

En 2005, Anne Plantagenet part trois jours en Algérie avec son père. A Oran et Misserghin, sur la terre qui a vu naitre les siens. Issue d’une famille de pieds-noirs d’origine espagnole, ce voyage est une quête de ses origines…

Fiction pure ou témoignage romancé, je n’ai pas réussi à trancher quant à la nature de ce texte – mais peu importe. Anne, la narratrice, est une trentenaire un peu perdue, déboussolée par la mort de sa grand-mère, fraichement séparée du père de son fils et totalement dépendante de son amant. Sa vie est un chaos auquel elle tente de donner un sens ; l’idée de partir avec son père sur la terre « originelle » devrait l’aider à remettre de l’ordre dans sa vie. « C‘est vide chez moi, c’est minuscule, c’est silencieux quand le petit n’est pas là, cette nuit je me suis dit que ça ne pouvait plus durer, quelque chose devait changer, il y a forcément des réponses quelque part, j’attends beaucoup de ce voyage« . Elle a besoin de « récupérer (sa) part d’héritage », d’appréhender de manière palpable l’histoire familiale en se rendant sur des lieux chargés de symboles, de souvenirs. Il s’agit aussi de se défaire de la honte, de la culpabilité liée à cette image de colons qui a collé à la peau de sa famille.

La fragilité de cette jeune femme est touchante, ses motivations sont honorables et compréhensibles. Elle produit de jolies réflexions sur l’exil, sur la mémoire. Il y a de beaux passages sur le départ des français, sur ce qu’ils ont abandonné dans ce pays que beaucoup chérissaient. Mais je n’ai pas été submergée par l’émotion comme je l’espérais. Le retour au pays du père, vu (et accompagné) par sa fille, voilà ce que je m’attendais à lire. Mais j’ai eu le sentiment inverse ; l’héroïne est trop présente, trop sur le devant de la scène pour qu’une émotion venant du père n’apparaisse pas au lecteur comme factice. Je n’ai rien éprouvé à la découverte des lieux de son enfance, de sa ferme familiale.

J’en suis presque triste, car j’aurais adoré adorer ce livre ; j’attendais d’être emportée, soulevée par cette histoire qui fait écho à mes propres origines, mais la magie n’a pas eu lieu. Ce fut une lecture agréable et facile, mais en deçà de mes attentes. Comme quoi, il ne faut jamais rien attendre d’un voyage… ou d’un livre. Au risque de trouver autre chose que ce que l’on cherchait…

 

Trois jours à Oran, d’Anne Plantagenet. Éditions Stock. 175 pages. 2014.

3 réflexions sur “ Trois jours à Oran ”

Une Comete

J’aime beaucoup ton billet

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Une Comete

J’aime beaucoup ton billet

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Manoulivre

Merci mdame ! Ca me touche d’autant plus que depuis un bon ptit bout de temps, je me creuse la cervelle pour améliorer mes critiques, les rendre plus précises et concises…. Donc merci beaucooooup !

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