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Un poème de Jules Supervielle (sans titre)

31 janvier 2013 - Autres livres/Poésie

Encore frissonnant
Sous la peau des ténèbres,
Tous les matins je dois
Recomposer un homme
Avec tout ce mélange
De mes jours précédents
Et le peu qu’il me reste
De mes jours à venir.
Me voici tout entier,
Je vais vers la fenêtre.
Lumière de ce jour,
Je viens du fond des temps,
Respecte avec douceur
Mes minutes obscures,
Epargne encore un peu
Ce que j’ai de nocturne,
D’étoilé en dedans
Et de prêt à mourir
Sous le soleil montant
Qui ne sait que grandir.

 

Extrait de La Fable du monde, suivi de Oublieuse mémoire, de Jules Supervieille.

Éditions Gallimard, Collection NRF Poésie. 260 pages. 1987.

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