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Yellow Birds

10 juin 2013 - Romans
Yellow Birds

Bartle a 21 ans. Il est partit à la guerre comme d’autres auraient fugué, sans mesurer toute l’ampleur de sa décision. Il s’est engagé volontairement pour aller en Irak et ne souhaite plus avoir à réfléchir, à choisir.

Pourtant, très vite, il va devenir ami avec une autre jeune recrue, Murph et promettre à la mère de celui-ci de le ramener vivant. Une promesse qu’il ne s’est même pas entendu faire, mais qui va le poursuivre longtemps, très longtemps, car il ne pourra la tenir. L’Irak ne laisse pas de place aux promesses adolescentes, ni aux rêves d’aventure : la réalité des soldats est inimaginable d’horreur et ce sont des gosses qui la découvrent. A peine sortis de l’adolescence et déjà propulsés dans le feu et le sang : c’est cette réalité que tente de raconter Yellow Birds.

Entre les États-Unis et El Tafar en Irak, Bartle déroule le fil des évènements, révélant peu à peu le quotidien des soldats, tente d’expliquer ce qu’a été cette guerre et ce qui a tué son ami. Les allées et venues entre passé et présent reconstituent peu à peu son histoire. Il évoque la jeunesse des engagés volontaires, leur entrainement et le choc de la découverte du terrain, si différent de ce qu’on leur avait appris. Il raconte comment ils sont devenus des meurtriers ordinaires, les pertes de civils, parfois. La mort est sans cesse présente et ne surprend même plus, se mêlant à la vie de manière si naturelle que cela en est effrayant pour nous, lecteurs. Toute cette indifférence qui transforme ces gamins en machines à tuer…

J’ai trouvé beaucoup de similitudes entre le livre de Kevin Powers et A l’Ouest rien de nouveau, de Erich Maria Remarque. Les deux écrivains ont été soldats avant de raconter en roman leur expérience. Entre 1916 et 2004, si peu de choses ont changé ; la technologie a seulement ajouté sa part de barbarie supplémentaire. Le retour au pays, les réactions des compatriotes, tout parait surréaliste et vain pour celui qui revient de l’enfer. La culpabilité du survivant est un poids qui pèsera longtemps sur le cœur et l’esprit, transformant à jamais de jeunes hommes en vétérans amers. Je pense qu’on peut difficilement rester indifférent à la lecture de ce livre, tant il est cru. J’en suis, pour ma part, sortie bouleversée.

C’est un cri qui s’exprime par la voix du soldat Bartle/Powers, un cri qui dénonce cette folie meurtrière qu’est la guerre. Elle ne laisse aucun homme, aucun pays indemne. Nous nous devons de le lire, pour donner une voix, une existence à toutes ces vies brisées, de part et d’autres.

 

Yellow Birds, de Kevin Powers. Éditions Stock. 248 pages. 2013.

2 réflexions sur “ Yellow Birds ”

Wolkaiw

J’ai pris une belle claque dans la figure avec ce livre… Un témoignage si poignant, si palpable de la réalité de la guerre. C’est un coup de cœur pour moi, je ne suis pas ressortie indemne de cette lecture !

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Manoulivre

Pareil pour moi Wolkaiw !

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